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L’homosexualité dans la Bible: que dit vraiment la Bible ?

Aujourd’hui, j’aimerai vous parler DE L’HOMOSEXUALITÉ DANS LA BIBLE: QUE DIT VRAIMENT LA BIBLE ?

L’homosexualité dans la Bible : que dit vraiment la Bible ?

Peut-être que, comme moi, tu as entendu plusieurs fois des personnes justifier leur homophobie par des arguments bibliques (ou pseudo-bibliques). Peut-être que des mots comme « abomination », « contre-nature » ou « Sodome et Gomorrhe » résonnent douloureusement à tes oreilles. Alors je voudrais te dire en premier lieu toute ma compassion. Oui, l’homophobie religieuse existe. Oui, Bible et homophobie sont associées. Et non, ce n’est pas acceptable. Pas  seulement parce que dans plusieurs pays d’Europe occidentale c’est un délit, mais surtout l’homophobie « chrétienne » est inacceptable parce qu’elle n’est tout simplement pas biblique.

Free hugs
Tu as même le droit à des câlins.

L’homosexualité est-elle condamnée dans la Bible ?

SPOILER ALERT : Non. (Je sais, c’est cash.) L’homosexualité n’est pas condamnée dans la Bible parce que ni le mot ni le concept n’existent. Il n’y a pas de mot ni en hébreu ni en grec anciens pour désigner des personnes ou des attitudes qu’on qualifierait aujourd’hui d’homosexuelles. Donc associer Bible homosexualité est en vérité quelque chose d’anachronique.

Cependant, plusieurs textes dans la Bible sont utilisés par certaines communautés pour discriminer les personnes LGHBTQIA+. On les appelle parfois les « versets de terreur ». Dans un livre passionnant, L’homosexualité dans le Proche-Orient ancien et la Bible, Thomas Römer et Loyse Bonjour décryptent ces textes. Je t’invite à lire leur analyse leur analyse approfondie et pointue sur cette association homosexualité Bible.

Mais au-delà de ces lectures savantes, j’aimerais te poser une question : crois-tu vraiment que Celui·Celle que nous nommons Dieu·e de la Vie et de l’Amour peut rejeter des gens qui s’aiment ? C’est difficile pour une personne hétérosexuelle de se mettre à la place d’une personne homosexuelle. Mais toi, tu sais. Tu sais au fond de toi que ce n’est pas un péché parce que tu n’y es pour rien et que tu ne fais pas de mal.

Bisous lesbienne
Tu ne fais de mal à personne

La Bible parle-t-elle vraiment d’homosexualité ?

Je te pose une autre question : avec ta culture, tes connaissances, mais aussi tes défauts et tes limites, penses-tu qu’aujourd’hui, tu sois capable de dire sans erreur ce qu’est la volonté de Dieu·e pour toutes et tous ? Moi, je n’en suis pas capable. C’est pourquoi je pense aussi que la Bible a une dimension patriarcale. Ses textes sont les fruits d’une certaine époque, d’une certaine culture, de certains hommes (et probablement pas beaucoup de femmes !). Les scribes qui ont mis par écrit la Parole de Dieu ont donc forcément été influencés par leurs propres schémas de pensée…comme par exemple une vision hyper normée de la façon dont doivent vivre un homme et une femme.

Mais surtout, l’homosexualité telle qu’elle est vécue aujourd’hui, c’est-à-dire la relation affective / amoureuse / romantique / sexuelle / amicale entre deux personnes libres et consentantes de même genre… tout cela n’a rien à voir avec ce dont les textes bibliques invoqués par les homophobes parlent ! Ce que condamnent ces textes, ce sont la pédocriminalité, l’esclavagisme sexuel ou encore le paganisme. Un exemple, selon beaucoup d’exégètes (des spécialistes des langues anciennes et des textes bibliques), l’histoire de Sodome et Gomorrhe dénonce en réalité une faute très grave dans le Proche-Orient ancien : le refus d’hospitalité. Dès lors, il est ridicule d’invoquer ces textes pour interdire, par exemple, le mariage homo !

Plus de love
+ de mariage = + de LOVE

Être une personne homo et chrétienne, c’est possible ?

Oui. C’est aussi simple que cela. Dieu·e t’aime et te veut du bien, c’est tout le message de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ. Donc, si tu es une personne homosexuelle, c’est une partie de ton identité, cela fait partie de ce qui te rend belle·beau aux yeux de Dieu·e.

La bénédiction de Dieu·e n’attend pas que tu sois comme tout le monde. Elle n’attend rien. Mais la meilleure façon de la goûter, c’est d’être toi. Ton orientation sexuelle ou identité de genre n’est pas un obstacle à l’amour de Dieu·e, qui ne t’aime pas malgré ton homosexualité, mais avec ton homosexualité.

Temple LAB LGBT
Temple de Plainpalais – Le LAB à Genève

Est-ce que je peux aller à l’Église si je suis homo ?

Jamais personne n’aura le droit de te dire que tu n’appartiens pas à l’Église de Jésus au motif que tu es homo. Faire cela, c’est prendre la place de Dieu·e (et ça, pour le coup, c’est un péché !).

Tu peux te rapprocher d’une paroisse inclusive comme Le LAB à Genève, mais il y a aussi des Églises LGBTQIA+ friendly à Bruxelles, à Paris, à Strasbourg, à Hagondange, à Montpellier, à Neuchâtel, à Lausanne… Dans plein d’endroits, l’Évangile de l’Amour sans-frontière fait fleurir des initiatives inclusives. Et puis, rien ne t’empêche d’envoyer un petit mail pour savoir si la paroisse qui t’intéresse est inclusive.

Mais surtout, j’aimerais te dire quelque chose : tu n’as pas à mendier la bienveillance de la part des Églises. Tu n’es pas obligé·e de patienter en serrant les dents. La grâce de Dieu coule à flots. Et ce n’est pas parce que certaines Églises sont bouchées que tu dois attendre. Le Royaume de Dieu se vit dans plein d’endroits. Rappelle-toi ce qu’a dit Jésus : quand deux ou trois personnes sont rassemblées en mon nom, je suis au milieu d’elles. Alors n’attends pas pour vivre pleinement ta vie chrétienne en priant, en chantant et en lisant la Bible… et en aimant !

Qui. Tu. Veux.

DIEU·E DIT DU BIEN DE TOI !

Pride Strasbourg
Dieu·e est fière de toi !

François Thollon-Choquet, d’après la vidéo de Carolina Costa.

Homosexualité définition

Homo signifie « même » ; hétéro signifie « autre ». La plupart des humains sont hétérosexuels, c’est-à-dire qu’ils vivent leur sexualité avec des personnes de l’autre (hétéro) sexe. Pourtant, une minorité de personnes sont homosexuelles, c’est-à-dire qu’elles vivent leur sexualité avec des personnes du même (homo) sexe.

Il est réducteur de ramener tout cela à la sexualité ! Le choix d’un-e partenaire repose peut-être avant tout sur l’affection, le respect, la complicité, l’amour, une vision partagée de l’avenir, des passions communes, etc. La sexualité n’est qu’une dimension – belle et importante – des relations qui nous lient. C’est vrai aussi bien pour les personnes hétérosexuelles que les personnes homosexuelles, et c’est pourquoi on parle aussi d’hétérosensibilité et d’homosensibilité.

Homophobie définition

L’homophobie est littéralement « la peur (phobie) du même (homo) », la peur des personnes qui aiment des personnes du même sexe. C’est paradoxal, car cette peur s’ancre précisément dans le fait que ces personnes sont différentes.

La peur est fondée sur la perception d’un danger ; c’est une émotion saine qui vise à nous protéger. J’ai peur des serpents venimeux, c’est normal. Pourtant deux femmes ou deux hommes qui s’aiment ne sont pas une menace. C’est comme si j’avais peur des gaucher-ère-s alors que je suis droitier-ère !

L’homophobie est donc une peur mal placée… Et derrière cette peur de la différence se greffe toute une série d’idées fausses, comme le fait que l’homosexualité serait une maladie contagieuse, ou serait due à une mauvaise éducation ou le résultat d’une société décadente.

Lorsqu’on se persuade que l’hétérosexualité est la règle, on oublie la différence entre normal (ce qui existe dans la nature) et normativité (ce qui est posé arbitrairement comme règle) et, au nom de cette règle, on peut commettre des actes de violence, de rejet, de discrimination. Est-il si difficile d’accepter que la différence est belle et naturelle ?

Définition LGBT

L : lesbienne (femme attirée par les femmes)

G : gay (homme attiré par les hommes)

B : bisexuel-le (personne attirée par les hommes et les femmes)

T : transgenre (personne qui ne se reconnaît pas dans le sexe qu’on lui a assigné à la naissance)

L’acronyme est parfois complété avec d’autres initiales, par exemple :

I : intersexe (personne dont les caractéristiques biologiques ne correspondent pas ou pas totalement aux catégories « mâle » et « femelle »)

Q : queer (de l’anglais, insulte qui peut se traduire par « sale PD » ou « sale gouine » et que les personnes se sont réappropriées positivement)

+ : plus… car il existe d’autres catégories pour se comprendre et se décrire…

Bible et homophobie

L’attitude de condamnation, de rejet voire de violence envers les personnes homosexuelles est parfois justifiée au motif que la Bible condamnerait l’homosexualité.

Cependant, même si « c’est écrit dans la Bible », il convient de rappeler :

  • Que le terme homosexualité n’existe pas à l’époque où les textes de la Bible ont été écrits et qu’elle n’évoque jamais des situations où deux personnes de même sexe s’aiment, se respectent, etc. Ce terme est apparu au 19ème siècle.
  • La Bible condamne seulement des pratiques de domination, de comportements malsains violents (le viol), d’inversion des rôles sociaux traditionnels ce qui, à l’époque antique, faisait craindre la perturbation de l’ordre social.
  • L’idée que l’homosexualité serait « contre-nature » va à l’encontre des études scientifiques comme du sentiment profond des personnes concernées. L’homosexualité n’est pas un choix, elle fait donc partie de la diversité de la création. L’Église évangélique réformée de Suisse a même dit que l’homosexualité est un don de Dieu (cf. article : https://www.reformes.ch/religions/2019/06/lorientation-sexuelle-nest-pas-un-choix-mais-un-don-de-dieu-feps-assemblee). Car Dieu a créé l’humain, mâle et femelle. Il les a béni ainsi que leur progéniture, mais rien ne dit que d’autres manières de vivre devant Dieu sont également porteuses de vie.
  • Le Christ ne parle jamais d’homosexualité; de plus, il manifeste l’amour de Dieu et du prochain en accueillant les personnes marginalisées de la société de son temps.
  • L’Esprit est un don permettant de grandir dans la foi, l’espérance et l’amour et rien ne dit que l’homosexualité est un obstacle au projet d’une humanité réconciliée.

Homosexualité bible verset

Lorsqu’on utilise la Bible pour condamner l’homosexualité, on se base sur quelques rares chapitres et versets en comparaison aux milliers autres versets qui constituent le corpus des Écritures, qui témoignent d’un Dieu Vivant de miséricorde, de compassion et de liberté. 

Il s’agit principalement de :

  • Livre de la Genèse aux chapitres 2 (récit de la création pour justifier qu’un couple c’est un Homme et une Femme) ; aux chapitres 18, 16 à 19,29 (Récit de Sodome et Gomorrhe)
  • Livre du Lévitique au chapitre 18 le verset 22 « Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme. C’est une abomination. » et au chapitre 20 le verset 13 « Si un homme couche avec un homme comme on couche avec une femme, ils se rendent tous les deux coupables d’une abomination. Ils sont mis à mort. Ils seront seuls responsables de leur mort. »
  • Lettre/Epître de Paul aux Romains chapitre 1 les versets 26-28
    « C’est pourquoi Dieu les a livrés à des passions avilissantes : leurs femmes ont échangé les rapports naturels pour des rapports contre nature ; les hommes de même, abandonnant les rapports naturels avec la femme, se sont enflammés de désir les uns pour les autres, commettant l’infamie d’homme à homme et recevant en leur personne le juste salaire de leur égarement. »
  • Première lettre de Paul aux Corinthiens au chapitre 6 le verset 9-10
    « Ne savez-vous donc pas que les injustes n’hériteront pas du Royaume de Dieu ? Ne vous y trompez pas ! Ni les débauchés, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les efféminés, ni les pédérastes, ni les voleurs, ni les accapareurs, ni les ivrognes, ni les calomniateurs, ni les filous n’hériteront du Royaume de Dieu. »

Certaines personnes font une lecture littérale ou littéraliste de ces passages, c’est-à-dire qu’ils les prennent « tels quels » sans les remettre dans leur contexte qui n’a plus rien à voir avec notre 21ème siècle. Ils se basent sur eux pour affirmer que l’homosexualité ou les « pratiques homosexuelles » sont un péché d’abomination.

Tout dépend donc de notre manière de lire et d’interpréter la Bible dans un monde contemporain à la lumière des avancées scientifiques, théologiques et exégétiques de notre temps. Pour les libéraux ou les progressistes, il faut prendre conscience que les textes bibliques ont été écrits dans un contexte très différent du nôtre. Même inspirées, les personnes qui les ont écrites l’ont fait pour leur temps.

Voici par exemple l’explication du Professeur d’Éthique à la Faculté de théologie de Strasbourg, Karsten Lehmkühler sur Campus Protestant.

Aujourd’hui, si on lisait vraiment toute la Bible littéralement, on pourrait alors justifier les guerres, l’esclavage, la lapidation de membres de sa propre famille, la domination des femmes et… la condamnation de l’homosexualité. Il n’y a pas si longtemps, c’est aussi Bible à la main qu’on a défendu la ségrégation, l’apartheid ou encore le non-accès aux femmes à des postes d’autorité spirituelle dans les Églises et qu’on continue de le faire. Il apparaît donc que nous faisons le choix de lire certains versets littéralement, et d’autres non, comme le rappelle une célèbre animatrice radio dans une lettre devenue célèbre et que Carolina Costa a mise en vidéo :

La question que nous pourrions également poser à la Bible, c’est quid de la relation intime et personnelle manifeste entre le roi David et Jonathan ? Ou entre Ruth et Naomi ? Et tant d’autres personnages queer qui, dès que nous portons notre attention sur eux, semblent dévoiler un monde bien plus complexe et subtil qu’il n’y paraisse au premier abord. La Bible est bien plus paradoxale et mérite qu’on s’y attarde vraiment car on pourrait être surpris de découvrir à quel point l’alliance entre Dieu et les humains dépasse depuis toujours les cadres sociaux, culturels et politiques. Le Christ n’en est-il pas justement le révélateur ?

Finalement, peut-être ne faut-il pas trop vite séparer la position « libérale » de la perspective « évangélique charismatique ». Dans les deux courants, la Bible est d’abord porteuse de la bonne nouvelle de Dieu qui, en Jésus-Christ, aime chacun-e d’un Amour inconditionnel qui libère et qui mène vers la Vie. L’Amour et la grâce de Dieu sont premiers, son Esprit saint souffle là où il veut. Nul être humain ne peut prétendre connaître les voies que Dieu adopte et, quelles que soient nos opinions, une certaine humilité est requise : qui sommes-nous pour juger ? comme le disait le Pape François lui-même.

Pour aller plus loin sur ce sujet, voici deux recommandations :
Le vidéo-livre de Carolina Costa : « LGBTIQA+ Un don de Dieu ! Vivre l’inclusivité en Eglise.
https://www.editions-atalahalta.video/vivez-l-experiencegp-lgbtiqa/

 Homosensibilité et foi chrétienne, Broché – Livre grand format, 1 avril 2021

Textes de Cécile Guinand d’après la vidéo de Carolina Costa

Sodome et Gomorrhe selon la Bible

L’un des textes les plus sollicités pour parler de ce que dit la Bible sur la question de l’homosexualité est la fameuse histoire de Sodome et Gomorrhe, qui se trouve aux chapitres 18 et 19 du livre de la Genèse, le premier livre de la Bible, telle que nous la connaissons aujourd’hui. Ce texte raconte l’histoire des deux villes de Sodome et Gomorrhe – que les textes bibliques situent au sud de la Mer Morte – qui sont détruites par le feu en conséquence de leurs péchés. Dès sa rédaction et dans la tradition rabbinique et d’interprétation qui a suivie, le péché des habitantes et habitants de ces villes était celui de ne pas avoir fait preuve d’hospitalité, une valeur biblique fondamentale.

Or, ce n’est qu’à partir du 4ème siècle après JC que la tradition chrétienne va commencer à interpréter le péché de ces villes non pas de l’homosexualité (terme inventé au 19ème siècle), mais contre les pratiques sexuelles « perverties » dont les pratiques homosexuelles.

couple gay

Contexte large du récit de Sodome et Gomorrhe

Quand on étudie un texte biblique – ce que l’on appelle l’exégèse – on regarde à la fois le contexte large et le contexte étroit du texte en question. Ici, l’histoire de Sodome et Gomorrhe prend place dans le contexte large de l’histoire d’Abraham et de Loth, deux personnages de l’Ancien Testament. Abraham apparait au chapitre 12 du livre de la Genèse, sous le nom d’Abram. Il deviendra Abraham au chapitre 16, quand Dieu lui dit :

On ne t’appellera plus du nom d’Abram : ton nom sera Abraham, car j’ai fait de toi le père d’une multitude de nations.

Abraham est le fils de Térah et le frère de Nahor et Harân. Ce dernier a un fils, Loth. Au chapitre 12, la famille de Térah s’installe à Harrân, jusqu’à ce que Dieu apparaisse à Abram et lui demande de quitter son pays. Dieu le bénit et lui promet une grande descendance et une terre. Abram part avec sa femme Saraï et son neveu Loth. Au chapitre 13 de la Genèse, Abram et Loth décident de se séparer, car leurs biens étaient trop importants pour partager un même territoire. Abram s’installe alors dans la région d’Hébron, en Canaan – et reste donc nomade – et Loth se sédentarise dans la ville de Sodome. Le chapitre 13 mentionne déjà que les gens de Sodome étaient très mauvais et pêcheurs envers le Seigneur (verset 13).

C’est ensuite aux chapitres 18 et 19 que le récit de Sodome et Gomorrhe se poursuit.

Au chapitre 18, verset 2, Abraham voit s’approcher de sa tente trois hommes – en hébreu anashîm – dont on ne sait rien de plus à ce moment-là mais qui s’avèrent être des messagers – en hébreu malahîm – ce que l’on découvrira dans la partie du récit portant sur Loth (chapitre 19 verset 1). Il fait preuve d’hospitalité envers ces hommes, leur offrant de l’eau, de la nourriture et du repos. Ces hommes promettent à Abraham que sa femme Sarah, stérile, enfantera un fils dans l’année. L’hospitalité d’Abraham est ainsi récompensée, par la bénédiction d’une descendance.  

Puis, ces hommes partent vers la ville de Sodome et le récit raconte que Dieu compte par ces trois messagers vérifier que les plaintes envers Sodome sont fondées et que c’est bien une ville de pêcheurs. Abraham intercède alors en faveur de la ville, négociant avec Dieu pour qu’elle ne soit pas punie. C’est ce que la rabbin parisienne Delphine Horvilleur appelle le récit du minyan d’Abraham. Dans la religion juive, le minyan est un quorum de prière – constitué de dix hommes chez les juifs orthodoxes et dix hommes ou femmes chez les juifs libéraux. Il existe en effet une règle selon laquelle il faut un minyan de dix personnes pour pouvoir prier ensemble.

Dans notre récit de Sodome et Gomorrhe, l’idée est qu’il faut un minyan de dix personnes justes dans la ville de Sodome, pour la sauver du châtiment divin. Abraham, questionnant Dieu sur sa volonté de détruire la ville, lui demande s’il va châtier les justes présents dans la ville en même temps que les méchants. Abraham négocie ainsi avec Dieu, et obtient que si les messagers trouvent dix personnes justes dans la ville, elle pourra être sauvée.

Loth est donc le neveu d’Abram, même si certaines traditions en font son frère. L’essentiel étant qu’ils ont un lien familial proche.

Contexte étroit : le chapitre 19 de la Genèse

Nous arrivons alors au récit des messagers à Sodome, récit qui est généralement utilisé par les milieux conservateurs chrétiens (protestants évangéliques ou catholiques romains) pour condamner l’homosexualité. Les messagers de Dieu arrivent à Sodome, dans le but de vérifier que la ville est bien corrompue comme les plaintes le laissent entendre. Or, quand Loth les voit arriver, il fait preuve – comme Abraham – d’une hospitalité exemplaire. Non seulement il accueille les voyageurs chez lui, mais il les protège des habitants de la ville.

En effet, alors que les messagers sont chez Loth, les habitants de la ville entourent la maison et demandent à Loth de leur livrer les messagers, afin de leur faire du mal. On peut lire au verset 5 « Où sont les hommes qui sont venus chez toi cette nuit ? Fais-les sortir pour que nous les connaissions. » Cette expression « pour que nous les connaissions » peut aussi être traduite par « pour que nous ayons des relations avec eux », et certains ont lu ceci comme une volonté de la part des habitants d’avoir des relations homosexuelles (terme tardif inventé seulement au 19ème siècle) avec ces hommes – plus clairement de les violer. La tradition veut alors que la ville de Sodome soit punie à cause cette tendance homosexuelle de ses habitants.

Selon le bibliste exégète de renommée internationale et directeur du Collège de France Thomas Römer*, le verbe hébreu traduit ici par « connaître » – le verbe yada’ – a différentes nuances de sens et ne signifie pas nécessairement « connaître sexuellement ». Ce verbe peut également signifier un désir d’abaisser, d’humilier quelqu’un, de lui faire violence – mais pas nécessairement d’un point de vue sexuel. Selon cette lecture, la ville de Sodome n’est donc pas punie pour une volonté de relation homosexuelle, mais pour un désir de violence. C’est parce que les habitants de la ville ont voulu attenter à la vie et à l’intégrité physique des messagers de Dieu que Sodome est condamnée.

*Sur la question de l’homosexualité dans la Bible, on peut lire l’excellent ouvrage de Thomas Römer, L’homosexualité dans le Proche-Orient ancien et la Bible , publié aux éditions Labor et Fides en 2005. Cet ouvrage offre notamment une contextualisation historique des textes évoquant cette question, contextualisation nécessaire à une lecture dépassionnée et ouverte.

Mais il est possible de lire cette expression avec une connotation sexuelle, dans la mesure où, pour protéger les messagers, Loth propose à la foule de lui livrer ses deux filles vierges. S’il est difficile de lire un tel passage, révoltant pour nous au 21ème siècle, l’intérêt ici est que cela sous-entend que c’est bien une agression sexuelle, un viol collectif, que les habitants de Sodome envisagent. Cependant, cette volonté ne permet pas de poser que les habitants de la ville seraient tous homosexuels, puisque Loth propose en échange ces filles – ce qui serait un viol hétérosexuel.

De plus, le verbe utilisé ici en hébreu – yada’ – n’est pas le même que le verbe employé pour parler de l’homosexualité ailleurs dans la Bible. Ainsi, en Lévitique 18,22 et 20,13 c’est le verbe shakan qui apparait, que l’on traduit par « coucher ». Ces différents éléments permettent de conclure que ce n’est donc pas une condamnation des relations sexuelles entre hommes qui est faite dans le récit de la destruction de la ville de Sodome. C’est bien une condamnation de la violence sexuelle, quel que soit le genre des victimes, que nous donne à lire ce récit. La ville de Sodome est alors détruite par le feu, et seul Loth et sa famille seront sauvés, grâce à l’hospitalité dont Loth a fait preuve, à l’inverse des autres habitants de la ville.

Fire

Sodome est condamnée pour inhospitalité

Le bibliste Thomas Römer (cité plus haut) nous rappelle que « ce n’est pas en premier lieu la présumée homosexualité des habitants de Sodome qui va provoquer le jugement, mais une agression collective, un acte de violence sexuelle gratuite, qui ne respecte pas le devoir de l’accueil de l’étranger et de l’homosexualité » dans son livre L’homosexualité dans le Proche-Orient ancien et la Bible, Genève, Labor et Fides, 2005, p. 59. 

Si on prend ce récit non dans son contexte étroit et de manière littérale, mais inséré dans son contexte large, il ne prend ainsi pas du tout le même sens. La condamnation de la ville tiendrait alors au fait qu’elle ait manqué au devoir d’hospitalité envers des étrangers. C’est la violence dont font preuve les habitants de la ville qui provoque sa destruction, et non une prétendue homosexualité.

Bible

La Bible et la ville de Sodome

Tout d’abord, ce récit de la condamnation et la destruction de Sodome connait un récit parallèle dans le livre des Juges, au chapitre 19. Ce récit raconte l’histoire d’un lévite – un prêtre juif – et sa concubine, qui viennent séjourner chez le père de celle-ci, dans la ville de Guivéa. De la même manière que dans le récit de Sodome, le couple est accueilli par un habitant de la ville, et les autres habitants viennent réclamer que ce dernier fasse sortir ses visiteurs pour qu’ils puissent les connaître. C’est ainsi la même expression qu’on retrouve dans les deux textes. Les similitudes ne s’arrêtent pas là, puisque le visiteur propose sa concubine aux habitants de la ville, pour éviter d’être lui-même agressé et cette dernière est alors violentée toute la nuit.

Ce récit similaire à celui de Sodome confirme le fait que ce n’est pas l’homosexualité mais bien la violence sexuelle qui est condamnée, puisque la victime est une femme. Ce qui est à nouveau dénoncé c’est « le non-respect du devoir de l’hospitalité qui culmine dans le viol, dans une sexualité sans relation qui réduit l’autre à l’état d’objet pour satisfaire son propre désir », comme le souligne Thomas Römer dans le livre L’homosexualité dans le Proche-Orient ancien et la Bible, Genève, Labor et Fides, 2005, p. 60.

De plus, les autres références à l’histoire de Sodome ne font pas non plus mention d’une question d’homosexualité (terme tardif inventé au 19ème siècle). Dans le livre d’Ézéchiel, au chapitre 16, verset 49, on peut lire : Voici quelle a été la faute de Sodome, ta sœur : elle avait de l’orgueil, du pain à satiété, une insouciante tranquillité, elle et ses filles, et elle ne faisait rien pour redonner du courage au pauvre et au déshérité.

Dans le livre de Jérémie, chapitre 23, verset 14, il est fait mention de Sodome pour comparer les prophètes de Samarie à ses habitants. Ils sont décrits ainsi :

Ils sont adultères, ils suivent le mensonge ; ils encouragent les mauvais, de sorte qu’aucun ne revient de son mal ; et le texte précise ensuite ils sont tous à mes yeux comme Sodome, et les habitants de Jérusalem comme Gomorrhe.

Dans l’évangile selon Matthieu, au chapitre 11, verset 24, on lit également une mention du châtiment de Sodome, mais le texte ne parle absolument pas d’homosexualité :

Et toi, Capharnaüm, seras-tu élevée jusqu’au ciel ? Tu seras abaissée jusqu’au séjour des morts ; car si les miracles qui ont été faits chez toi avaient été faits à Sodome, elle demeurerait encore aujourd’hui.

Dans l’évangile selon Luc, au chapitre 10, versets 10 à 12, Jésus lui-même évoque l’inhospitalité des habitants de Sodome :

Mais dans toute ville où vous entrerez et où l’on ne vous accueillera pas, allez dans les grandes rues et dites « même la poussière de votre ville qui s’est attachée à nos pieds, nous la secouons pour vous la rendre ; sachez pourtant que le règne de Dieu s’est approché ». Je vous dis qu’en ce jour-là ce sera moins dur pour Sodome que pour cette ville-là.

Le récit de Sodome et Gomorrhe est donc trop souvent utilisé dans un sens qui n’est pas le sien au départ comme nous l’avons démontré. Car ce n’est pas un désir homosexuel de ses habitants qui condamne la ville, mais bien un désir d’agression sexuelle, ce qui souligne la manière dont les habitants de Sodome méprisent la tradition d’hospitalité et ne font pas cas de la dignité humaine.

Cet exemple nous montre combien certains textes bibliques ont pu être utilisés et mal interprétés par l’Église durant des siècles perpétuant des lectures faussées, loin du message d’amour du Christ. Ces interprétations – souvent en vigueur encore aujourd’hui dans les milieux conservateurs et charismatiques chrétiens- continuent malheureusement d’être relayées et conduisent à des discriminations et des violences à l’encontre de la communauté LGBT. Dieu merci d’autres églises comme les réformées, luthériennes, presbytériennes ou catholiques chrétiennes en sont revenues et dénoncent désormais ces lectures pour rétablir la vérité biblique.

Love

Textes de Karin Michel d’après la vidéo de Carolina Costa

Les pratiques homosexuelles

« Dieu condamne le péché, pas le pécheur ou la pécheresse »… une affirmation qui a fait beaucoup de mal ! En effet, cela voudrait dire qu’une personne homosexuelle a le choix. Comme si les pratiques homosexuelles étaient séparables de l’identité de la personne. Comme si la sexualité était indépendante de notre personnalité ! Rappelons que l’amour qui plaît à Dieu est un amour complet, corps, âme, et esprit. En aimant corps, âme et esprit, nous sommes proches de Dieu. C’est donc tout l’inverse du discours qui veut nous faire croire que les pratiques homosexuelles sont un péché qui sépare la personne de Dieu.

« Accueillir la personne, mais condamner ses pratiques » n’a donc aucun sens quand on parle d’homosexualité. La sexualité n’est pas seulement une pratique, un acte : c’est un engagement complet de la personne. Contrairement au meurtre qui est commis par une personne hors d’elle-même et nourrie de haine d’autrui, les pratiques homosexuelles – comme les pratiques hétérosexuelles – sont vécues par des personnes au plus proche d’elles-mêmes, et nourries d’amour (au sujet de christianisme et sexualité ). Ainsi, la seule chose qui est condamnable dans la sexualité, c’est le viol, qui n’est jamais consenti et en aucun cas un acte d’amour.

Les blessures à cause d’un discours fondamentaliste

Juger les pratiques d’une personne tout en prétendant l’accueillir, condamner le péché mais ne pas condamner le pécheur : un discours fondamentaliste qui est dévastateur. Ce discours est violent car il nie l’identité de la personne. Ce discours génère des traumatismes car il enferme la personne et la coupe de sa relation personnelle avec Dieu.

Dans certains milieux évangéliques charismatiques, ce discours présente l’homosexualité comme une déviance : la personne aurait choisi de s’éloigner du projet de Dieu. Alors, quand une personne découvre son orientation homosexuelle, bisexuelle ou pansexuelle, elle se questionne : est-ce le discours qu’on m’a imposé ? est-ce ma relation personnelle de ma vie avec Dieu ? Peut-être parce que dans son milieu chrétien, elle a vécu tant de vraies expériences de Dieu fortes et belles, elle va complètement intégrer le discours qui lui répète que son existence tout entière est péché et nourrir une haine d’elle-même pouvant aller jusqu’au suicide. Il nous paraît donc urgent de nous questionner et d’entendre ces personnes pour découvrir en vérité une réalité complètement opposée, belle et en accord avec le désir de Dieu pour chaque être humain qui est un projet de bonheur et d’amour.

Abus spirituel

L’abus spirituel est à la foi ce que l’abus sexuel est à la relation sexuelle : il a lieu le plus souvent dans le cadre d’une relation de confiance et qu’une personne exerce une emprise sur l’autre. Un rapport de domination s’installe et met en danger la santé physique, psychique et spirituelle de la victime.

L’abus est très lié à la notion de consentement : quand une personne n’est pas consentante et qu’elle est forcée à faire ou penser quelque chose, on peut parler d’abus. Néanmoins, il faut préciser que les choses sont plus complexes : la personne qui donne son consentement est-elle objet de menaces, de pressions, de manipulations de la part de son entourage (famille, communauté) ? Il est fréquent que des personnes ne se rendent compte que des années plus tard qu’elles n’étaient en réalité pas libres de vivre et penser en vérité.

Il n’y a pas de mot assez fort pour décrire à quel point l’abus spirituel est grave. En effet, basé sur une manipulation de la confiance et de la conscience, il touche à ce qu’il y a de plus intime chez une personne. Cela la coupe de sa relation d’amour avec elle-même, avec les autres et avec Dieu. Un abus spirituel ôte toute liberté sur le chemin de vie avec Dieu : la personne est forcée sur des voies qui la mènent à dépérir, coupée de la relation d’amour avec Dieu qui la fait vivre.

Les thérapies de conversion

Une des nombreuses formes d’abus spirituel est la thérapie de conversion. Le but de ces thérapies est de « guérir » une personne de son homosexualité. Les arguments sont parfois religieux : Dieu, dans la Bible, condamnerait l’homosexualité (voir la vidéo : référence à la vidéo de Carolina), mais les arguments présentés sont aussi parfois psychologiques et sociologiques. Par exemple, faire croire que l’homosexualité serait le résultat d’abus sexuels, d’abandon des parents, de violences familiales. Seulement, la science a depuis longtemps prouvé le contraire !

Comme la Bible ne condamne pas l’homosexualité en tant que telle et que la science confirme qu’il ne s’agit ni d’une maladie ni d’une dérive morale, les thérapies de conversion, outre faire du mal aux victimes, sont totalement inefficaces. Il est fort intéressant de constater que plusieurs dirigeants d’organisations célèbres pour leurs thérapies de conversion ont depuis reconnu leur erreur ! C’est le cas par exemple de Mc Kay Game, le fondateur de Hope for Wholeness qui organisait des thérapies « pour se libérer de l’homosexualité avec Jésus-Christ » qui a lui-même expérimenté qu’il ne pouvait pas être guéri de son orientation sexuelle naturelle et bénie de Dieu. Le documentaire « Homothérapies » diffusé sur arte et en streaming ci-dessous est également édifiant :

Un peu partout dans le monde, les thérapies de conversion sont progressivement condamnées par la loi. En Suisse, il n’existe pas de loi fédérale qui interdise explicitement les thérapies de conversion qui tombent déjà sous le coup de la loi qui interdit d’imposer un traitement à une personne, même mineure, sans son consentement. Cependant, certains Cantons comme Vaud, Genève, Berne et Neuchâtel veulent aller plus loin, et interdire de pratiquer ces thérapies atroces car elles font du mal et détruisent la vie des victimes et, par ailleurs, ne fonctionnent pas. Même si la personne est consentante au moment d’accepter la thérapie, celle-ci reste interdite de la même manière qu’il est interdit de prescrire un médicament inefficace et dangereux pour la santé. Il existe de nombreux documentaires et reportages sur le sujet comme les témoignages de l’enquête d’Urbania :

Conséquences des thérapies de conversion

Les thérapies de conversion ont des conséquences désastreuses. D’une part, ces thérapies ne marchent pas, comme cela été reconnu par de nombreux dirigeants des grandes organisations comme Exodus ou Torrent de vie. D’autre part, elles reposent sur des mécanismes de culpabilisation et poussent les victimes à nourrir de la haine envers elles-mêmes. Quand une personne en arrive à penser qu’elle est séparée de Dieu, qu’on lui répète qu’elle doit changer quelque chose qu’elle ne peut pas changer, les conséquences sont une détresse spirituelle telle qu’elle peut mener au suicide. Alors que Jésus nous demande d’aimer notre prochain et de s’aimer soi-même, ces thérapies de conversion font l’exact inverse.

Jésus-Christ ne nous demande pas de changer notre prochain, mais de l’aimer d’un amour qui libère. Il demande aussi de s’approcher de celles et ceux qui souffrent. Même si des lois protègent les victimes des thérapies de conversion, il est rare que les personnes portent plainte. Les entourer d’un amour inconditionnel, leur offrir un environnement spirituel sécure est essentiel. C’est notamment ce que proposent par exemple le Carrefour des chrétiens inclusifs https://chretiensinclusifs.org/ ; L’association David et Jonathan https://www.davidetjonathan.com/; la communauté inclusive Le LAB à Genève (http://lelab.church) ou l’Antenne LGBT Genève ; l’Antenne LGBTIQ+ de l’Eglise Evangélique Réformée du canton de Vaud (https://www.eerv.ch/presence/en-societe/eglise-inclusive-lgbtiq), l’association Arc-en-Ciel à Neuchâtel (https://arcenciel-ne.ch/), l’antenne inclusive à Strasbourg (https://www.facebook.com/antenneinclusive/) et tant d’autres.

Abomination dans la bible

Au nom du cœur de la foi chrétienne qui révèle qu’en Jésus-Christ, rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu, il faut sérieusement déconstruire la manipulation spirituelle qui consiste à brandir des versets bibliques pour condamner l’homosexualité, comme le fait Carolina dans la vidéo Bible et homosexualité.

Par exemple, le célèbre verset du Lévitique qui dit qu’un homme qui couche avec un homme, c’est une abomination. Déconstruire, c’est d’une part comprendre que ce verset a été écrit dans un contexte historique où de nombreux interdits sociaux (comme celui de manger des crevettes) étaient censés prouver la pureté du peuple d’Israël. Or, pour un homme, il s’agissait de garder sa position dominante et se mettre dans « une posture de femme » était considéré comme une atteinte à son rôle social. Cela n’a plus aucun sens aujourd’hui avec les avancées sociales positives de notre époque en Occident.

De plus, il est attendu des chrétiennes et des chrétiens qu’elles et ils lisent les textes de la Bible à la lumière de la révélation de Dieu en Jésus-Christ. Or, Jésus n’a pas prêché la condamnation, mais l’amour du prochain. Il a interdit à ses disciples de juger, mais les a encouragés à s’approcher, comme lui, des personnes marginalisées. Il n’a pas condamné, mais pardonné. Il n’a pas dominé, mais libéré. Il n’a pas haï, mais aimé. Plus spécifiquement au sujet des lois que l’on trouve dans la Bible, Jésus les a beaucoup critiquées quand celles-ci étaient mal utilisées. Les lois sont moins importantes que les relations : c’est le sabbat qui est fait pour l’homme et pas l’homme pour le sabbat. Contrairement aux mouvements charismatiques qui condamnent l’homosexualité, Jésus affirme qu’il n’y a pas de séparation entre toi et Dieu : tu es aimé.e inconditionnellement, et rien ne peut séparer de l’amour de Dieu.

Textes de Cécile Guinand d’après la vidéo de Carolina Costa

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Carolina Costa

Carolina Costa

Je suis théologienne, formée à l’Université de Genève, à la faculté autonome de Théologie Protestante (master UNIGE).

J’y ai acquis des compétences historico-critiques et appris le grec et l’hébreu, ce qui me permet de pratiquer mes propres traductions plus contemporaines et accessibles.

J’incarne une théologie réformée progressiste, inclusive, existentielle et joyeuse, en me servant de différents supports comme la vidéo, pour déployer mon énergie et l’Amour contagieux du Christ.

J’écris des livres sur les grandes étapes de la vie et je diffuse chaque semaine des vidéos brèves sur la foi sur les réseaux sociaux.

Carolina Costa

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Carolina Costa

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Salut, je m’appelle Carolina Costa. Je suis pasteure et théologienne. Je suis décidée à te faire découvrir l’Amour inconditionnel transmis par Jésus-Christ.