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BIBLE ET SEXUALITÉ

Aujourd’hui, j’aimerai vous parler DE SEXE ET PÉCHÉ

On trouve facilement des bibles du sexe dans les rayons des librairies. Mais la Bible, elle, est-ce qu’elle parle de sexe?

Oui! Mais pas forcément pour dire ce que l’on pourrait croire

Le sexe et Dieu

Comme le rappelle Carolina, le projet de Dieu pour chacune et chacun de nous, c’est l’amour. Il y a beaucoup d’amours différents, qui vont de l’amour pour un.e ami.e à l’amour sentimental, en passant par l’amour de nos familles et même l’amour de celles et ceux que l’on ne connait pas. Bref, l’amour prend de multiples visages. L’un d’eux, l’amour sentimental s’exprime aussi de beaucoup de manières, et l’une d’entre elles est le sexe. On dit bien « faire l’amour », non ?

La Bible aborde tout ce qui touche à l’être humain, et ne laisse pas de côté l’amour et l’érotisme. Le livre qui en parle le plus, c’est le Cantique des cantiques. Même si au fil des siècles, on a souvent voulu le lire comme une métaphore de l’amour de Dieu pour son peuple ou de l’union du Christ et de l’Église, ce texte est en fait vraiment une ode à l’amour érotique et à la sexualité. Dans ce texte, on ne parle pas de sexe pour parler de concevoir des enfants, mais bien de la sexualité pour elle-même. Elle y est dépeinte comme quelque chose de beau et de réjouissant.

Cantique des cantiques

Ce qui est intéressant, c’est que dans le couple mis en scène (un couple hétérosexuel), la femme prend autant l’initiative que l’homme. En fait, c’est un texte qui pose une sorte d’égalité sexuelle entre homme et femme. Il ne fait pas de la femme seulement l’objet des désirs de l’homme. C’est rare pour l’époque!

Et n’oublions pas que même si ce texte parle d’un homme et d’une femme, rien n’y condamne les autres formes d’amour et de sexualité.

Faire l’amour est-il un péché ?

Quand on pense sexualité et religion, on pense en général morale stricte et péché. Pour certaines personnes, le sexe est un péché qu’il faut punir. Ces lectures littérales prennent le texte au pied de la lettre sans le remettre dans son contexte historique, culturel, etc.

Il ne s’agit pas de juger ces lectures, mais de rappeler que d’autres lectures sont possibles, et qu’elles sont peut-être plus porteuses de liberté, d’amour et de respect de chacune et chacun.

La sexualité, le plaisir et la réjouissance que l’on peut avoir face à son ou sa partenaire ne sont pas du domaine du péché. Au contraire, c’est un don divin.

Réjouissons-nous d’être des personnes sexuées. Cela nous permet de prendre du plaisir à la sexualité plutôt que de la condamner.

Mais avoir une vie sexuelle et prendre du plaisir n’est pas non plus une obligation. L’Église a longtemps exigé que les relations sexuelles soient cantonnées à la procréation, dans le cadre du mariage. La Bible, elle, appelle à la liberté d’aimer et de désirer. Mais de l’autre côté, la société actuelle nous fait parfois croire que la sexualité et le plaisir sont une obligation. Là encore, la Bible peut nous aider à avoir conscience que la liberté s’applique ici aussi. Certaines personnes n’ont pas envie d’être en couple ou d’avoir une vie sexuelle, et c’est aussi leur liberté. Chaque choix est à respecter, hétéro ou non, mariage ou non, sexualité ou non, tant que tout cela se vit dans le respect, l’amour des autres et l’amour de Dieu.

Faire l’amour avant le mariage Bible ?

C’est vrai, les textes de la Bible parlent plutôt de sexe après le mariage. Cela dit, les passages qui traitent du sexe sont souvent d’ordre économique. A l’époque, quand il y a mariage, le marié paye à la famille une dot. Du coup, si la femme n’est plus vierge, la dot est moindre car la femme est considérée «d’occasion». C’est choquant pour nous aujourd’hui, mais il faut se replacer dans le contexte culturel de l’époque de ces textes, qui datent de bien avant notre calendrier!

D’autres passages peuvent encore être vraiment choquants pour nous. Par exemple dans le livre du Deutéronome, au chapitre 22, on raconte une scène de sexe hors mariage, qui est considéré comme une faute et punie. Or, ce n’est pas une relation sexuelle consentie dont il s’agit, c’est un viol. C’est donc normal que ce soit considéré comme une faute et puni. Et quelle est la punition? L’homme paye une somme d’argent à la famille de la jeune fille et l’épouse. Ce type de texte montre bien que l’on ne peut pas, au XXIème siècle, lire ces textes de manière littérale!

Au fond, on condamnait le sexe hors mariage à l’époque, car il allait à l’encontre des arrangements sociaux et économiques, pas du tout parce que c’était une faute en soi.

Le mariage c’était aussi le seul statut social pour une femme, qui devait toujours être sous la protection d’un homme.

La Bible présente d’autres conceptions du mariage et du couple que les nôtres:

Le mariage selon la bible

Aujourd’hui heureusement, les mœurs ont bien changé. Le mariage n’est plus une obligation sociale et de ce fait, la sexualité peut se vivre pleinement dans d’autres cadres, tant que cela se fait dans le respect de l’autre.

L’apôtre du sexe

C’est Paul que l’on peut considérer comme l’apôtre du sexe, dans la mesure où c’est lui qui en parle le plus dans ces écrits. Son idée principale c’est que la sexualité est une sorte de mal nécessaire. Bien sûr, Paul parle de sexualité dans le cadre du mariage, puisque c’était la norme de son époque. Pour lui, l’être humain a deux choix: rester célibataire ou se marier.

Dans la première lettre aux Corinthiens, il déclare que le célibat pour Dieu est le meilleur choix, mais qu’il vaut mieux se marier et avoir une vie sexuelle que de se livrer à l’inconduite sexuelle. Il aborde la sexualité avec une vision bien éloignée de nous, car l’inconduite sexuelle désigne chez lui toutes les relations hors mariage. Paul déploie une morale très rigoriste, qui peut nous paraître choquante mais, encore une fois, n’oublions pas l’époque et le contexte dans lequel il vivait et qui n’est plus le nôtre en Occident du moins.

En effet, pour Paul, une vie sexuelle chaste vécue dans le mariage était ce qui différenciait les chrétiens des païens, ceux qui ne croyaient pas en un Dieu unique. L’histoire montre en effet que les Grecs avaient souvent une vie sexuelle plus débridée, et Paul essaie d’exhorter la communauté chrétienne à vivre la sexualité de manière plus sage. Ce sont des préoccupations propres à son époque et à son envie de propager la foi chrétienne.

Cela ne veut pas dire que nous devons appliquer aujourd’hui tel quels les préceptes défendus par Paul. Nous devons plutôt réfléchir à la manière dont ces textes peuvent nous amener à valoriser différents états de vie et différentes formes d’amour et de don de soi.

Fornication Bible

La thématique de la «fornication» revient souvent dans certains milieux chrétiens et est abordée de manière malheureusement bien trop souvent moralisatrice.

Si on tape ces mots dans un moteur de recherche, on tombe vite sur des blogs ou articles qui stigmatisent certaines relations sentimentales et/ou sexuelles par ce terme de «fornication».

Chez certaines personnes, le mot vise les relations sexuelles hors mariage, mais aussi les relations homosexuelles. En fait, cela vise toute relation sexuelle qui sort du cadre de la procréation, comme si le sexe n’était fait que pour faire des enfants!

Le terme grec dans la Bible c’est porneia. On entend souvent dire que ce terme englobe toute relation sexuelle «illicite», telles que le sexe hors mariage, l’homosexualité ou encore l’inceste. Or, il y a ici deux problèmes: d’abord associer la sexualité hors mariage ou les relations homosexuelles avec l’inceste, c’est problématique. Les deux premières sont des relations entre adultes, avec un consentement alors que l’inceste recouvre une réalité toute autre et que c’est un crime. Il faut faire très attention à ne pas tout confondre!

Et puis le terme porneia, en grec ancien, ce n’est pas du tout «fornication» mais plutôt «prostitution» et plus généralement «toute action déshonnête» ou «toute relation avec les Gentils»[1], c’est-à-dire d’avoir des idoles et de se détourner du monothéisme. On est bien loin de la sexualité!

Ainsi, dans la Bible la sexualité n’est pas présentée comme un péché. Même le fameux fruit défendu du livre de la Genèse, ne concerne pas le sexe. Certaines lectures le présentent de cette manière, mais ce n’est qu’une interprétation parmi d’autres. Le terme hébreu est «arbre du jardin», et ce sera la lecture que l’on fait du passage qui décidera de la réalité qu’on met derrière ce terme. Rien dans le texte ne dit que le sexe soit un péché!

[1] Le terme «Gentils» désigne à l’époque classique les non-croyants.

Eve et la pomme

Au contraire, la sexualité est une belle chose, c’est un don que Dieu fait à chacun et chacune d’entre nous. C’est un moyen d’exprimer l’amour, projet de Dieu pour toute l’humanité sans aucune distinction.  

Karine Michel d’après une vidéo de Carolina Costa

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Emangile 3.0
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Carolina Costa

Carolina Costa

Je suis théologienne, formée à l’Université de Genève, à la faculté autonome de Théologie Protestante (master UNIGE).

J’y ai acquis des compétences historico-critiques et appris le grec et l’hébreu, ce qui me permet de pratiquer mes propres traductions plus contemporaines et accessibles.

J’incarne une théologie réformée progressiste, inclusive, existentielle et joyeuse, en me servant de différents supports comme la vidéo, pour déployer mon énergie et l’Amour contagieux du Christ.

J’écris des livres sur les grandes étapes de la vie et je diffuse chaque semaine des vidéos brèves sur la foi sur les réseaux sociaux.

Carolina Costa

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Salut, je m’appelle Carolina Costa. Je suis pasteure et théologienne. Je suis décidée à te faire découvrir l’Amour inconditionnel transmis par Jésus-Christ.