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DIEU EST-IL LÉGALISTE ?

Aujourd’hui, j’aimerai vous parler DE DIEU EST-IL LEGALISTE ?

Bible ouverte

Légalisme religieux Définition

On peut définir le légalisme religieux comme le respect absolu d’une loi religieuse, c’est-à-dire un respect poussé à l’extrême. Ce qu’on appelle légalisme religieux, c’est en fait un attachement excessif à la lettre de la loi plutôt qu’à son esprit.

Qu’est-ce que ça veut dire ? La lettre de la loi, c’est ce qui est écrit, noir sur blanc, et que l’on peut lire de manière littérale. L’esprit de la loi c’est plutôt ce qu’elle dit, le message qu’elle veut transmettre dans un sens plus global. S’attacher à la lettre c’est en fait appliquer tel quel ce que dit la loi, sans s’interroger sur la situation particulière, le contexte social, culturel, humain etc. A l’inverse, s’attacher à l’esprit de la loi c’est tenir compte de tous ces facteurs pour juger d’une situation. En fait, ça veut dire qu’on applique la loi non pas de manière arbitraire mais en l’interprétant et en la contextualisant.

Le légalisme religieux, c’est donc le fait de fonctionner selon le 1er modèle, celui qui s’attache plus à la lettre qu’à l’esprit de la loi.

Concrètement, ça veut dire quoi ?

Eh bien, c’est par exemple certains courants religieux qui lisent des règles dans les textes de l’Ancien Testament (Bible) et qui pensent qu’on devrait les appliquer tels quels aujourd’hui. C’est problématique, car le monde de l’époque biblique n’est pas le même que le nôtre. La société a évolué et on ne peut pas appliquer à la lettre aujourd’hui tout ce qui se faisait il y a 4’000 ou 5’000 ans.

Prenons un exemple : à l’époque, l’esclavage avait cours de manière totalement libre et des lois encadraient même cette pratique. Devrait-on pour autant appliquer ces mêmes lois aujourd’hui et pratiquer une chose aussi barbare ? Bien sûr que non ! Tout ce qui est écrit dans la Bible ne peut plus être pris à la lettre mais doit s’adapter à nos modes de vies et notre éthique du XXIème siècle avec toutes ses avancées positives. 

Chaine de Dieu

Le problème avec le légalisme religieux, c’est le risque de faire passer la loi en premier, avant même la relation humaine, l’amour et l’engagement du cœur. Le légalisme a tendance à engendrer un jugement définitif alors que la loi devrait apporter de la sécurité pour favoriser la vie. Au fond l’important : est-ce la loi ? ou est-ce la relation d’amour qui peut naître entre les humains ? c’est la question que pose Jésus tout au long des Evangiles.

Légalisme et compréhension de la bible

Dans les milieux protestants issus de la Réforme du 16ème siècle, on parle souvent du principe suivant : « la grâce seule ». Il s’agit de rappeler que c’est seulement par la grâce de Dieu que nous sommes sauvé·e·s et que nous n’y sommes pour rien. Nos actes ne nous assurent pas le salut, c’est uniquement la grâce divine qui nous l’offre.

En conséquence, respecter scrupuleusement la loi religieuse en pensant que cela va nous sauver est semble-t-il une erreur d’après le Nouveau Testament, parce que nous en oublions le plus important : croire en la grâce divine, autrement dit faire confiance à l’Amour inconditionnel de Dieu.

Les textes bibliques amènent à se poser une autre question : pourquoi Dieu semble-t-il légaliste, colérique et punissant souvent Israël dans l’Ancien Testament, alors qu’avec le Christ, Il apparaît plein d’amour et de miséricorde en pardonnant dans le Nouveau Testament ?

marteau du juge

Pour ça, on peut regarder ce qu’en disent les théologiens protestants, après la Réforme de Martin Luther. L’idée centrale c’est que la Parole de Dieu a deux versants, comme une pièce de monnaie. D’un côté, elle est une loi, que Dieu donne à l’humain par l’intermédiaire de Moïse : on y trouve un Dieu qui commande des choses et qui demande à l’humain de poser des actes justes, mais c’est toujours pour favoriser la vie : « Choisis la vie et tu vivras, toi et ta descendance. » (Livre du Deutéronome 30, 19)

De l’autre côté, la parole est une promesse, celle que l’humain est sauvé sans acte de sa part : on y trouve alors un Dieu aimant, miséricordieux et qui fait nous fait don de sa grâce, inconditionnellement.

Jesus portant la croix

Ainsi, les textes de la Bible montrent les deux faces de la Parole de Dieu, et donc de Dieu lui-même. C’est-à-dire que Dieu est bien UN, et que le Dieu de Moïse présenté dans l’Ancien Testament est le même que le Dieu de Jésus Christ, présenté dans le Nouveau Testament.

En fait, la Parole de Dieu, c’est ce qui va nous montrer que nous sommes à la fois pécheurs, au sens où nous n’arrivons jamais à honorer parfaitement tout ce que Dieu demande, mais aussi et surtout sauvés, inconditionnellement, par la grâce de Dieu. Ce n’est absolument pas pour culpabiliser l’humain ou pour le juger, mais simplement pour qu’on se rappelle que ce qui est premier, ce qui dépasse tout, c’est l’amour de Dieu qui aime profondément et bénit malgré tout l’humanité fragile et vulnérable.

Sauvé·e·s par la grâce et l’amour inconditionnel de Dieu pour nous, nous sommes alors appelés, par la loi, à vivre selon ses principes d’amour et de pardon. La loi nous donne alors un cadre pour le faire de manière libre et responsable. En fait, la loi c’est ce qui vient baliser ou encadrer l’espace de liberté et de responsabilité de l’humain.

Les lois divines dans la bible : Les types de loi dans la bible

Il existe plusieurs types de lois divines dans la Bible.

Tout d’abord il y a les lois fondamentales, que l’on appelle aussi les dix commandements, les dix paroles ou le Décalogue, qui sont données à l’humain par l’intermédiaire de Moïse, sur le Mont Sinaï.

Moise et les 10 commandements

Extrait du Livre de l’Exode, chapitre 20, versets 1 à 17

Je suis le Seigneur ton Dieu, c’est moi qui t’ai fait sortir d’Égypte où tu étais esclave.

  1. Tu n’adoreras pas d’autres dieux que moi.
  2. Tu ne te fabriqueras aucune idole, aucune représentation de ce qui est dans les cieux, sur la terre ou dans l’eau sous la terre ; tu ne te prosterneras pas devant des statues de ce genre, tu ne les adoreras pas.
  3. Tu ne prononceras pas mon nom de manière abusive.
  4. Souviens-toi du jour du sabbat pour me le réserver. Tu as six jours pour travailler et faire tout ton ouvrage. Le septième jour, c’est le sabbat qui m’est réservé, à moi, le Seigneur ton Dieu.
  5. Honore ton père et ta mère, afin de jouir d’une longue vie dans le pays que moi, le Seigneur ton Dieu, je te donne.
  6. Tu ne commettras pas de meurtre.
  7. Tu ne commettras pas d’adultère.
  8. Tu ne commettras pas de vol.
  9. Tu ne prononceras pas de faux témoignage contre ton prochain.
  10. Tu ne convoiteras rien de ce qui appartient à ton prochain.

La Bible transmets ces lois dans deux récits différents : le chapitre 20 du livre de l’Exode et le chapitre 5 du livre du Deutéronome.

La 1ère parole, c’est Dieu qui dit qu’Il est celui qui a libéré le peuple d’Israël de l’esclavage des égyptiens. Les 9 autres décrivent des choses que l’humain doit faire ou ne doit pas faire : ne pas tuer, ne pas voler, honorez ses parents, etc.

Il y a aussi d’autres types de loi dans la Bible (commandements). Par exemple, des lois qui régissent la vie quotidienne : le mariage, la nourriture, les cérémonies religieuses, le fonctionnement des institutions religieuses, etc. Par exemple, le livre du Lévitique décrit toutes les lois qui régissent la vie des Lévites, les prêtres d’Israël.  

Il y a aussi le Code de Sainteté, qui définit ce qui est pur ou impur et donc les personnes qui le sont ou non, en fonction des actes purs ou impurs qu’elles font. Tout ça fonde un code de lois qui accompagne le peuple d’Israël durant toute son histoire, et que les personnes appartenant à la culture juive respectent encore au moment où Jésus vit en Judée au 1er siècle.

C’est là que Jésus, lui aussi juif qui respecte ce code de loi, vient tout résumer en une seule loi, qui est triple : aimer Dieu, aimer son prochain ou sa prochaine, s’aimer soi-même.

Si les différentes formes de lois que l’on trouve dans l’Ancien Testament semblent très strictes, le double (ou plutôt triple) commandement d’amour que Jésus nous enseigne témoigne de l’infinie douceur de Dieu, pour qui l’amour prime sur le respect des règles.

Le cœur de Dieu

Au fond, Dieu est-il légaliste ?

Carolina explique dans sa vidéo qu’elle ne pense pas que Dieu soit légaliste. C’est une position que beaucoup de personnes chrétiennes partagent. Dire que Dieu n’est pas légaliste, ce n’est pas nécessairement dire qu’il n’y a pas de paroles divines qui nous aideraient à comprendre le monde et à vivre ensemble, dans le respect et l’adelphité. Mais dire que Dieu n’est pas légaliste, c’est surtout rappeler que Dieu est avant tout amour !

Dieu est au-delà de toutes les institutions et les lois. Il ne s’attache pas à des règles strictes auxquelles il ne faudrait pas déroger pour être une bonne personne. Il s’attache aux liens que nous tissons entre nous, aux relations, à la solidarité et l’adelphité dont nous faisons preuve les uns, les unes envers les autres. Dieu regarde au cœur de chacun·e, pas au CV ou au respect arbitraire de lois figées.

Et ce qu’Il cherche dans les cœurs, c’est l’amour. C’est peut-être la seule loi qui compte, cette parole que Jésus nous a offerte : « Aimez-vous les un·e·s les autres, comme je vous ai aimé ». Jésus n’a pas aimé seulement celles et ceux qui respectaient les lois juives, son amour s’est étendu à l’univers tout entier, transcendant les lois, les coutumes et les jugements humains.

Extrait de la série The West Wing – La Bible !

Karine Michel, d’après la vidéo de Carolina Costa

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Accessible pour une durée limitée:

Emangile 3.0
Emangile 3.0
Carolina Costa

Carolina Costa

Je suis théologienne, formée à l’Université de Genève, à la faculté autonome de Théologie Protestante (master UNIGE).

J’y ai acquis des compétences historico-critiques et appris le grec et l’hébreu, ce qui me permet de pratiquer mes propres traductions plus contemporaines et accessibles.

J’incarne une théologie réformée progressiste, inclusive, existentielle et joyeuse, en me servant de différents supports comme la vidéo, pour déployer mon énergie et l’Amour contagieux du Christ.

J’écris des livres sur les grandes étapes de la vie et je diffuse chaque semaine des vidéos brèves sur la foi sur les réseaux sociaux.

Carolina Costa

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Salut, je m’appelle Carolina Costa. Je suis pasteure et théologienne. Je suis décidée à te faire découvrir l’Amour inconditionnel transmis par Jésus-Christ.