Carolina Costa

Jésus

Jésus de Nazareth, Fils de Dieu, Christ, Messie, prophète, roi, saint, sage ou philosophe… Plus de 2’000 ans après sa naissance, le monde n’en a pas fini avec cet homme si énigmatique dont chacun sent, d’une manière ou d’une autre, qu’il est bien plus que ce que nous ne pourrons jamais en dire. IL EST. Un JE SUIS profond, unique et inégalé, porteur d’un message d’une puissance divine infinie, universelle et extraordinaire : l’Amour agapè.

Jésus était juif. Il n’a pas créé le Christianisme, mais les églises chrétiennes sont nées grâce à son enseignement, au témoignage de sa vie, de sa mort tragique et de l’expérience de sa résurrection par ses premiers adeptes disciples. Allons à la rencontre de ce mystère sur un plan historique et académique mais aussi spirituel pour nourrir une foi à la dimension universelle.

Quel est le vrai nom de Jésus ?

Etymologie du prénom de Jésus
Jésus en français dans son étymologie signifie:

  • en latin Iesus

  • en grec Ἰησοῦ (Yesous)

 

Yeshua

  • en hébreu Iéshouah ou Yeshoua (contraction de la forme יְהוֹשֻׁעַ Yehoshuah – Josué le succésseur de Moïse entré en Terre promise)

Ce prénom en hébreu signifie littéralement « Dieu sauve ». Il est très courant dans le Judaïsme des temps bibliques et étroitement lié au nom de Josué.

  • Qui a donné le nom de Jésus ?

Dans l’Evangile de Luc (chapitre 1, verset 31) extrait du récit dit de l’Annonciation, l’ange Gabriel s’adresse à Marie pour lui annoncer:

 « Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils;
tu lui donneras le nom de Jésus ».

Dans l’Evangile de Matthieu (chapitre 1, verset 21), c’est un ange qui s’adresse à Joseph (le fiancé de Marie) dans un rêve pour lui annoncer la naissance d’un enfant dont il dit: 

«Elle mettra au monde un fils,
que tu appelleras Jésus,
car il sauvera son peuple de ses péchés (ou manques d’Amour).»
(Trad. Carolina Costa)

Ces deux épisodes de la naissance de Jésus dans les Evangiles permettent d’une part de l’identifier comme personne humaine au prénom juif. Le Jésus de l’histoire qui a vécu une vie d’enfant, de jeune puis d’homme. Et d’autre part, son prénom contient la dimension de sa mission divine qui sera celle d’apporter la paix, la réconciliation et l’amour pour l’humanité de la part du Dieu de tout Amour.

Le nom de Jésus contient en lui-même une puissance divine comme en témoigne par exemple l’Evangile de Jean (chapitre 14, versets 13-14) lorsque Jésus dit à ses apprentis disciples :

«Et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai,
afin que le Fils manifeste la gloire (ou présence) du Père.
Si vous me demandez quelque chose en mon nom, je le ferai.»
(Trad. Carolina Costa)

Quels sont les différents noms de Jésus ?

Comme expliqué au point 1, deux Evangiles racontent l’annonce de la naissance de Jésus avec la mention d’anges qui annoncent à Joseph et Marie que l’enfant s’appellera Jésus.

Mais en parcourant le récit dans l’Evangile de Matthieu (chapitre 1, verset 22-23), on pourrait être surpris de découvrir la mention du prénom Emmanuel:

« Tout cela arriva afin que se réalise ce que le Seigneur avait dit par le prophète (Esaïe) : La vierge sera enceinte et mettra au monde un fils, que l’on appellera Emmanuel, qui signifie Dieu avec nous. »

Il faut sans cesse se rappeler que les premiers adeptes de Jésus, après sa mort et l’expérience de sa résurrection/relèvement, ont tenté de comprendre et de mettre en lien l’histoire et l’enseignement du Christ avec les prophéties du Premier/Ancient Testament qui annonçaient la venue du Messie (Christ en français).

Jésus dans le Coran

Jésus apparaît également dans le Coran dans sa traduction arabe : Isâ. Il est reconnu comme l’avant-dernier prophète avant Mahommed mais aussi comme le Messie. Les musulmans croient qu’au temps du jugement dernier, Isâ reviendra pour juger les vivants et les morts.

Pour aller plus loin, un excellent documentaire en 7 épisodes gratuits sur arte à découvrir «Jésus et l’Islam» ci-dessous:

L’histoire de Jésus de Nazareth

Jésus dit de Nazareth ou Jésus Christ a vécu au 1er siècle de notre ère en Palestine. Les Evangiles, principales sources de témoignages sur sa vie et son enseignement, racontent son histoire. Celle d’un jeune homme juif, trentenaire, devenu un maître de Vie itinérant. Il avait probablement une formation de charpentier grâce à son père adoptif Joseph. Il semblait également être instruit puisqu’il était capable de lire en hébreu et de commenter la Thora (Bible hébraïque) dans les synagogues.

Après son baptême dans le Jourdain par le prophète Jean le Baptiste, il vécut une ascèse de 40 jours dans le désert, faisant l’expérience profonde du combat intérieur contre les forces de division et de l’ego, ancré dans une foi profonde en Dieu qu’il appelait Père (Abba en hébreu). Puis, il se mit à parcourir la Galilée et des disciples, hommes et femmes, laisseront tout pour le suivre.

Jésus prêchait et proclamait l’arrivée d’un Royaume (de Dieu ou des cieux) spirituel de paix, de justice et d’Amour. Il bousculait par une prédication universelle qui sortait du cadre religieux établi et qui plaçait le commandement d’Amour avant tous les autres. Il s’approchait

  • des personnes exclues, discriminées, rejetées pour les relever (ressusciter) dans leur vie et les assurer de l’Amour de Dieu
  • des personnes malades (physiquement, émotionnellement, relationnellement, spirituellement) pour les guérir

Son ministère a duré trois ans, puis il a été trahi, arrêté, jugé injustement dans un faux procès, calomnié, violenté, torturé, puis crucifié. Il est mort et après le troisème jour, des femmes disciples ont fait une première expérience de le « voir » vivants. Puis, d’autres disciples ont fait la même expérience qu’ils ont appelé « résurrection ».

Sur ce sujet, découvre ci-dessous la vidéo de la théologienne et pasteure Carolina Costa

Jésus historique ?

Jésus dans les écrits non chrétiens

L’historiographe juif Flavius Joseph le décrit vers l’an 93 de notre ère dans les «Antiquités juives» ainsi:

«Vers le même temps vint Jésus, homme sage, si toutefois il faut l’appeler un homme.
Car il était faiseur de miracles
et le maître des hommes qui reçoivent avec joie la vérité. Et il attire à lui beaucoup de Juifs et beaucoup de Grecs. Et lorsque sur la dénonciation de nos premiers concitoyens, Pilate l’eut condamné à la crucifixion, ceux qui l’avaient chéri ne cessèrent pas de le faire. Et le groupe appelé après lui chrétiens n’a pas encore disparu.»

Il s’agit d’un résumé brut rare de la vie de Jésus, parmi quelques rares autres écrits non chrétiens au 1er siècle, mais qui permet aux historiens d’affirmer parmi d’autres arguments historiques et scientifiques que Jésus a bel et bien existé.

  • Jésus a-t-il vraiment existé ?

Aucun historien sérieux ne peut aujourd’hui nier le fait historique que Jésus a bel et bien existé. La quantité incroyable d’écrits chrétiens liés à sa vie et à son enseignement dès le 1er siècle est une première preuve. Elle est confirmée également par des traces écrites par des auteurs non-chrétiens également dès le 1er siècle. Il existe bien sûr encore des personnes pour contester ces théories, mais l’écrasante majorité de la communauté scientifique les valide.

Pour aller plus loin, nous vous recommandons cet excellent ouvrage accessible avec un bibliste, historien et exégète reconnu, le professeur Andreas Dettwiler. 

Dans les coulisses de l’Evangile

Mais est-ce si important que de répondre à cette question ? On se la pose aussi pour Shakespeare et d’autres personnages fascinants. Pourtant, cela n’enlève rien à la puissance de la parole qui émane du Christ et du témoignage extraordinaire de sa vie.

La théologienne et pasteure Carolina Costa t’explique dans sa vidéo ci-dessous pourquoi.

JÉSUS A VRAIMENT EXISTE ? — RÉPONSE DE LA BIBLE

Pourquoi Jésus est appelé Christ ?

Pour certaines personnes, comme l’écrit l’historien juif du 1er siècle Flavius Joseph, Jésus était considéré comme un sage, parfois un magicien ou un guérisseur.

Dans les Evangiles canoniques, lorsque Jésus parle de lui-même, il utilise le titre « Fils de l’Homme ». A son époque, il s’agit d’une figure eschatologique (liée à la fin du monde) en usage dans les milieux apocalyptiques juifs. En effet, il faut se rappeler que Jésus prêchait un Royaume à venir mais qui semble surtout d’ordre spirituel et qui n’est pas à l’image de ce monde comme il le déclare lui-même devant Pilate lors de son jugement. (Evangile de Jean, chapitre 18, verset 36)

« Mon royaume n’appartient pas à ce monde ;
si mon royaume appartenait à ce monde,
mes serviteurs combattraient pour que je ne sois pas livré aux autorités juives.
Mais non, mon royaume n’est pas d’ici. »
(Trad. Carolina Costa)

Dans les Evangiles, lorsque Jésus interroge ses propres disciples par « Et vous, qui dites-vous que je suis ? », son disciple Pierre répond « Tu es le Christ ». Mais Jésus leur ordonne sévèrement de n’en parler à personne. C’est donc dire que Jésus lui-même se méfiait des titres qu’on pouvait lui donner car ceux-ci devaient être associés à l’ensemble de sa vie et de son œuvre pour être compris et reçus.

Un Christ non pas royal, puissant et majestueux mais un Christ souffrant, rejeté et tué comme le dernier des malfrats comme l’annonce Jésus à ses disciples dans l’Evangile de Marc chapitre 8, versets 31 à 33:

«Jésus se met à leur enseigner qu’il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands-prêtres et les spécialistes des Écritures; qu’il soit tué, et qu’après trois jours, il se relève.

Il dit cette parole très clairement.
Alors Pierre le prend à part et se met à lui faire des reproches.
Mais Jésus se retourne, regarde ses apprentis disciples et reprend sévèrement Pierre: «Va-t’en, passe derrière moi Satan (ou force de division)!
Car tes pensées ne sont pas celles de Dieu mais celles des êtres humains.»
(Trad. Carolina Costa)

Scandale pour l’époque et difficulté à l’entendre comme on le voit dans la réaction de Pierre, mais cela reste valable encore aujourd’hui. Notre attente humaine envers Dieu c’est dans sa puissance pour résoudre et guérir tous les maux de la terre et de la vie humaine. Mais voilà que le Christ nous révèle que ce qui nous sauve en vérité c’est la toute-puissance de l’Amour. Or, l’Amour ne s’impose jamais, car Il nous désire libre. Il se donne à nous en permanence et sans conditions car Il veut nous libérer de nos souffrances, de nos violences, de nos haines, de nos égoïsmes pour que son Royaume advienne en nous et autour de nous. 

Jésus est-il le Fils de Dieu ?

Après la mort et la résurrection de Jésus, ses adeptes le reconnaîtront comme Fils de Dieu, Verbe/Logos de Dieu, incarnation de Dieu. Mais là encore, ce sont des mots, des concepts qui ont été développés et interprétés selon les courants théologiques et spirituels chrétiens tout au long de l’histoire de l’Eglise et au sein des diverses dénominations jusqu’à aujourd’hui. Mais ce qui s’avère vrai pour toute personne chrétienne c’est de reconnaître qu’en Jésus, c’est Dieu lui-même qui nous parle et qui agit. 

Nous découvrons bien à quel point il est probablement impossible de dire exactement qui est Jésus car il nous échappe toujours. Il est un profond mystère comme Dieu, à découvrir chaque jour en écoutant sa parole, ses enseignements et en méditant sur ses gestes et sa vie. Au fil du temps dans un chemin de foi, le Christ se révèle comme incarnation et révélation d’un Dieu profondément aimant qui aime chaque être vivant jusqu’au bout.

Pour d’autres encore et de tout temps, c’est un prophète. Dans les Evangiles, certains l’associent au grand prophète du Premier/Ancien Testament Elie. L’Islam aussi considère Jésus, Isâ fils de Myriam (Marie), comme le dernier prophète avant Mohammed. Mais plus encore, ils le reconnaissent comme Messie et « Verbe de Dieu » qui reviendra à la fin des temps pour le jugement dernier.

Maryam et Îsâ

Pour le Judaïsme enfin, Jésus n’est pas le Messie attendu, mais peut être considéré comme un rabbin parmi d’autres. Ses apprentis disciples l’appellent d’ailleurs souvent « rabbi » dans les Evangiles.

Naissance de Jésus

Quelle est la date de naissance de Jésus ?

D’après les historiens contemporains, Jésus est né probablement aux alentours de -6 et -4 avant notre ère et pas en l’an 0 comme on l’a longtemps cru. Le calendrier occidental a voulu se calquer sur cette naissance c’est aussi dire encore une fois l’importance de ce personnage qui décidément a profondément marqué et transformé le monde. Il y a bien un avant et un après Jésus qu’on le veuille ou non.

La naissance de Jésus est fêtée traditionnellement par les chrétiennes et chrétiens, le 25 décembre à Noël. Pourtant, cette date a été fixée tardivement au début du 4ème siècle d’après les calculs d’un moine nommé Denys le Petit. Or, en l’état des connaissances, une large majorité de spécialistes évalue désormais la naissance du Christ peu avant la mort du roi Hérode le Grand, établie en l’an –4.

Pour en savoir plus, découvre la vidéo ci-dessous de la théologienne et pasteure Carolina Costa

Où est né Jésus ?

D’après les évangiles de Luc et de Matthieu, Jésus serait né à Bethléem en Judée. Mais là aussi, les exégètes s’accordent à dire qu’il s’agit probablement d’une interprétation posthume faite par les premiers adeptes de Jésus après sa mort. Elle visait à associer Jésus au roi David (de Bethléem) et donc au Messie annoncé par les prophètes dans la Bible.

Source: Carte Google

En effet, les Evangiles ne sont pas des biographies historiques mais des témoignages de foi des premiers adeptes du Christ. Elles sont donc par nature orientées et non objectives, car leur visée n’est pas d’établir des faits historiques mais d’amener les personnes à adhérer à l’enseignement du Christ.
(Pour en savoir plus lire page Evangile)

Encore aujourd’hui, officiellement, le lieu de naissance de Jésus est situé dans la grotte située sous la Basilique de la Nativité à Bethléem en Israël. (cf. image ci-dessous)

Pourtant, dans les Evangiles, Jésus et sa famille sont décrits comme originaires de la ville de Nazareth en Galilée. Il est aussi souvent appelé le Nazaréen. Cette réalité est donc certainement beaucoup plus vraisemblable historiquement.

Au niveau de la foi, le plus important réside probablement surtout dans le fait que Jésus a bel et bien existé et foulé la planète terre. Il a grandi au sein d’une famille juive, entouré d’une mère et d’un père, de frères et de sœurs.

Pour découvrir et comprendre les récits des Evangiles liés à la naissance de Jésus, découvre ci-dessous la vidéo de la théologienne et pasteure Carolina Costa :

Jésus avait-il des frères et sœurs ?

Ce n’est plus un secret qui pourrait venir ébranler le Christianisme désormais. Oui, Jésus avait bien des sœurs et des frères comme en témoignent les Evangiles. L’Eglise a longtemps préféré traduire par « cousins » de Jésus, mais en réalité le terme grec ne laisse pas de place au doute.

Evangile de Marc, chapitre 6, verset 3 :
« N’est-il pas le charpentier ?
Le fils de Marie, et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ?
Ses sœurs, ne vivent-elles pas ici parmi nous ? »

Par ailleurs les recherches historiques ont révélé que la famille de Jésus fut très impliquée durant son ministère et après sa mort, en témoigne les conflits sur la succession de l’héritage spirituel du Christ. (voir documentaire arte ci-dessous)

Un extrait dans les Evangiles de Luc et de Matthieu témoigne peut-être d’une tension palpable entre Jésus et sa famille. Car, ce dernier enseigne que désormais la filiation divine prime sur la filiation terrestre. La famille de Jésus s’élargit ainsi à l’humanité toute entière, car toute personne qui se reconnaît comme enfant de Dieu, reconnaît alors ses semblables, quels que soient les liens de parenté, comme des sœurs et des frères en Dieu.

Evangile de Luc, chapitre 8, versets 19 à 21 :

« La mère et les frères de Jésus viennent le voir,
mais ils ne peuvent pas arriver jusqu’à lui à cause de la foule.

Alors on annonce à Jésus : Ta mère et tes frères sont là, dehors, ils veulent te voir

Mais Jésus dit à tout le monde : Ma mère et mes frères, ce sont les gens qui écoutent la parole de Dieu et qui la mettent en pratique. »

Pour aller plus loin, ce documentaire gratuit sur arte « Aux origines du Christianisme » (Querelle de famille – volet4/10)

Enfance de Jésus

La naissance de Jésus rapportée uniquement par deux Evangiles (Matthieu et Luc) ne racontent que très peu d’éléments de son enfance. Si l’on suit Matthieu (chapitre 2, versets 14-15), Jésus aurait passé les premières années de sa vie en Egypte ce qui l’aurait sans doute marqué par sa culture et sa langue. Cela pourrait expliquer son ouverture.

L’évangile apocryphe de Thomas appelé aussi l’Evangile de l’enfance a été retrouvé en Egypte à Nag Hammadi en 1945. Il raconte les premières années de Jésus enfant, qui aurait eu des pouvoir surnaturels et accomplissait déjà des miracles comme le récit ci-dessous.

Chapitre 2:
« L’enfant Jésus étant âgé de cinq ans, jouait sur le bord d’une rivière, et il recueillit dans de petites fosses les eaux qui coulaient, et aussitôt elles devinrent pures et elles obéissaient à sa voix. Ayant fait de la boue, il s’en servit pour façonner douze oiseaux, et c’était un jour de sabbat. Et beaucoup d’autres enfants étaient là et jouaient avec lui.

Un certain juif ayant vu ce que faisait Jésus, et qu’il jouait le jour du sabbat, alla aussitôt, et dit à son père Joseph : « Voici que ton fils est au bord de la rivière, et il a façonné douze oiseaux avec de la boue, et il a profané le sabbat. » Et Joseph vint à cet endroit, et ayant vu ce que Jésus avait fait, il s’écria : « Pourquoi as-tu fait, le jour du sabbat, ce qu’il est défendu de faire ? » Jésus frappa des mains et dit aux oiseaux : « Allez. » Et ils s’envolèrent en poussant des cris. Les Juifs furent saisis d’admiration à la vue de ce miracle, et ils allèrent raconter ce qu’ils avaient vu faire à Jésus. »

 

Le baptême de Jésus

Baptême de Jésus dans les Evangiles

Les évangiles canoniques de Matthieu, Luc et Marc racontent le baptême de Jésus dans le fleuve du Jourdain par le dernier prophète Jean Baptiste.

Cet épisode attesté par les trois auteurs bibliques est considéré comme très probablement authentique et avéré dans l’histoire. Il témoigne aussi du lien étroit entre Jésus et l’ermite Jean le Baptiste (l’Immergeur ou le Plongeur selon la traduction grecque) qui n’a pas pu être ignoré par les premiers disciples du Christ.

Jean s’était réfugié dans le désert pour prêcher la repentance dans la perspective de la venue de Royaume de Dieu et un baptême de conversion dans le Jourdain, comme en témoigne ce passage dans l’Evangile de Marc (chapitre 1, versets 4-8)

« Jean paraît alors dans le désert ; il baptise (plonge ou immerge) et proclame :
Changez de vie, faites-vous baptiser (plonger ou immerger)
et Dieu pardonnera vos péchés (ou comblera vos manques d’Amour).

Tous les habitants et habitantes de la région de la Judée et de Jérusalem viennent à sa rencontre ; ils reconnaissent publiquement leurs péchés (ou manques d’amour) et Jean les baptise (plonge ou immerge) dans le Jourdain. »

(Trad. Carolina Costa)

De nombreuses théories passionnantes existent pour tenter de déterminer le lien entre les deux hommes. L’Evangile de Luc fait de Jean le cousin de Jésus. D’autres affirment que Jésus a pu être un disciple de Jean à ses débuts. Quoi qu’il en soit, les deux se sont connus et certainement reconnus. Et c’est Jean que Jésus choisit pour vivre lui-même cette immersion, ce baptême dans le Jourdain comme le raconte l’Evangile de Marc (chapitre 1, versets 9 à 11).

« En ces jours-là, Jésus vient de Nazareth, village de Galilée, et Jean le baptise (plonge ou l’immerge) dans le Jourdain. Au moment où Jésus sort de l’eau, il perçoit les cieux s’ouvrir (au-dedans) et l’Esprit saint/Souffle sacré descendre sur lui comme une colombe.

Et une voix se fait entendre des cieux (intérieurs) : Tu es mon fils bien-aimé chéri ; en toi j’ai mis toute ma joie. »

(Trad. Carolina Costa)

Fêtes du baptême de Jésus. L’Église orthodoxe célèbre cet événement le 19 janvier (calendrier grégorien). L’Eglise catholique le célèbre le premier dimanche après l’Epiphanie en janvier.

Pourquoi Jésus s’est fait baptiser par Jean ?

Une grande et importante littérature chrétienne s’est penchée sur la question de savoir : pourquoi, si Jésus était Dieu, aurait-il eu besoin d’être baptisé ou plongé dans le Jourdain par Jean Baptiste puisqu’il est sensé être sans péché ?

Cette question porte la trace peut-être d’une sur-divinisation de Jésus à travers les siècles, car c’est oublier justement que Jésus était bien à 100% humain. Il a donc été traversé par les mêmes sentiments et émotions que nous (peur, angoisse, surprise, joie, tristesse, colère). N’est-ce pas justement ce qui le rend si crédible à écouter et à suivre ? Un humain qui a accompli pleinement le divin sur terre ?

Les Evangiles racontent que Jean Baptiste lui-même était réfractaire à répondre à la demande de Jésus. Voici sa réponse dans l’Evangile de Matthieu :

Vidéo: Le baptême de Jésus expliqué (Campus protestant)

Mort de Jésus

La mort de Jésus se déroule dans le récit de la Passion décrit dans les quatre Evangiles de Matthieu, Marc, Luc et Jean. Chacun apporte sa nuance, son interprétation, mais tous les récits s’accordent à raconter que lors de la fête juive de Pessah (Pâques), Jésus et ses adeptes sont monté à Jérusalem. Le jeudi soir (appelé Jeudi Saint), ils ont partagé le repas de la Pâques et le récit du lavement des pieds (Jean), puis ils sont allés prier au Jardin de Gethsémané.

En pleine nuit, Jésus est alors arrêté par des gardes du Sanhédrin puis conduit pour un procès trouble. De nombreux faux témoins viendront le dénoncer, le calomnier. Il sera accusé de blasphème, puis sera finalement conduit chez Ponce Pilate, gouverneur romain qui le vendredi (saint) le condamnera à la crucifixion.

Qui a trahi Jésus ?

Tous les Evangiles racontent que c’est son propre disciple Judas qui aurait trahi Jésus en le livrant pour 30 deniers aux autorités juives. Pourquoi ? Le mystère demeure mais les auteurs ont laissé des indices pour nous aider à comprendre. Probablement que ce dernier avait de très fortes attentes terrestres du Royaume annoncé par Jésus. Mais voyant que Jésus n’allait pas devenir le nouveau roi tant attendu, libérant le peuple du joug romain, ni rétablir le Royaume d’Israël, Judas aurait voulu se venger en le livrant aux autorités.

Toutefois de nombreux commentateurs s’interrogent sur le véritable rôle de Judas. Et si au contraire, il avait été justement celui qui avait écouté et obéi à la volonté de son maître?

Vidéo «Secrets d’histoire – Judas a-t-il trahi Jésus ?»

Mais on peut aussi parler de la trahison des disciples et de Pierre en particulier. En effet, durant l’arrestation de Jésus ces premiers s’enfuient, puis Pierre reniera Jésus trois fois comme le relate le récit de l’Evangile de Marc ci-dessous :


 Marc 14, 54 ; 66-72
« Pierre avait suivi Jésus à distance, jusqu’à l’intérieur du palais du grand prêtre, et là, assis avec les gardes, il se chauffait près du feu. Comme Pierre était en bas, dans la cour, arrive une des jeunes servantes du grand prêtre. Elle voit Pierre qui se chauffe, le dévisage et lui dit :
Toi aussi, tu étais avec Jésus de Nazareth !
Pierre le nia :
Je ne sais pas, je ne comprends pas de quoi tu parles.
Puis il sortit dans le vestibule, au dehors. Alors un coq chanta. La servante, ayant vu Pierre, se mit de nouveau à dire à ceux qui se trouvaient là :
– Celui-ci est l’un d’entre eux !
De nouveau, Pierre le niait.
Peu après, ceux qui se trouvaient là lui disaient à leur tour:
– Sûrement tu es l’un d’entre eux ! D’ailleurs, tu as l’accent de Galilée.
Alors il se mit à protester violemment et à jurer :
– Je ne connais pas cet homme dont vous parlez.
Et aussitôt, pour la seconde fois, un coq chanta.
Alors Pierre se rappela cette parole que Jésus lui avait dite :
– Avant que le coq chante deux fois, tu m’auras renié trois fois.
Et il fondit en larmes. »

Ce sont les femmes disciples qui resteront au plus près de Jésus jusqu’à la fin sur la croix. Elles encore qui, après le shabbat au petit matin, iront au tombeau pour rendre les derniers rites funéraires à Jésus. Elles qui seront les premières témoins de la résurrection.

Qui a tué Jésus ?

Contrairement aux idées reçues et longtemps véhiculées à tort, ce ne sont pas les juifs qui ont tué Jésus. Cette idée a été source d’antisémitisme et l’a particulièrement allimenté, en particulier durant la seconde guerre mondiale en Allemagne par un courant de l’Eglise.

Or, c’est bel et bien Ponce Pilate, gouverneur romain qui a pris cette décision ultime face à la pression de la foule et de religieux peut-être. Les Evangiles, chacun à leur manière, accentuent certains aspects de cette tragédie, qui aboutira quoi qu’il en soit à la crucifixion (peine de mort capitale des romains) comme agitateur politique.

Qui a tué Jésus ? Au-delà des personnes, on peut légitimement se demander ce qui a mis Jésus sur cette croix ? Car n’est-ce pas finalement la peur ? le fanatisme religieux ? l’obsession du pouvoir ? la haine ? l’ignorance ? la souffrance ?

Chaque fois qu’une personne est ouverte comme le Christ, libre, aimante, brisant les tabous et les barrières, prônant la paix et la vérité, s’approchant des plus vulnérables, des personnes discriminées en tous genre pour les relever, les ramener à la Vie et à la Joie, chaque fois, cette personne risquera de rencontrer des obstacles, des freins, des calomnies, parfois même des violences et des condamnations injustes. C’est le parcours christique par excellence et elle a lieu tous les jours sur terre mais habitée par cette certitude que malgré tout, c’est l’Amour qui a le dernier mot, car c’est l’Amour qui contient tout, supporte tout, pardonne tout.

Comment est mort Jésus ?

Après avoir été flagellé par ses geôliers, Jésus a été crucifié sur une croix. Contrairement aux idées reçues, pour tenir sur la croix, les condamnés étaient cloués aux poignets et pas sur les mains car la peau se serait déchirée, ainsi que sur les pieds.

Les crucifiés mourraient après de longues heures d’agonie et par asphyxie.

Quelle est la date de la mort de Jésus ?

Autant, il est difficile de connaître la date de la naissance de Jésus avec plus de précision, autant sa mort est un peu plus facile à repérer sur la grille du temps. Elle se situe très probablement vers l’an 30, et les chercheurs s’accordent souvent à mentionner soit le 7 avril de l’an 30 soit le 2 avril de l’an 33. Ce qu’on sait avec assurance, c’est que Jésus est mort dans la période de la Pessah, la Pâques juive, fêtée à Jérusalem chaque année dans cette période.

Pour aller plus loin, voici le film documentaire « La crucifixion de Jésus | Quand l’histoire fait dates » – sur ARTE:

Où est enterré Jésus de Nazareth ?

Selon les Evangiles, Jésus a été crucifié sur le mont Golgotha (lieu dit du crâne) à l’extérieur de la ville de Jérusalem. Puis, un de ses ami, Joseph d’Arimathée, a réclamé son corps pour le placer dans un tombeau.

Evangile de Matthieu, chapitre 27, versets 57 à 61:

«Le soir venu, arrive un homme riche, qui est originaire d’Arimathée.
Il s’appelle Joseph et il est lui aussi devenu un apprenti disciple de Jésus.

Il va trouver Pilate et lui demande le corps de Jésus.
Alors Pilate ordonne de le remettre à Joseph.

Celui-ci prend le corps, l’enveloppe dans un drap de lin neuf et le dépose dans son propre tombeau qu’il venait de faire tailler dans la roche.

Puis il roule une grosse pierre pour fermer l’entrée du tombeau et s’en va.»

Selon la tradition chrétienne, ce tombeau se trouverait dans l’Eglise du Saint-Sépulcre à Jérusalem, comme l’explique la vidéo du National Geographic ci-dessous:

La résurrection de Jésus

Que signifie le mot résurrection?

Les Evangiles et tout le Nouveau Testament sont le témoignage des adeptes de Jésus qui l’ont accompagné durant sa vie et son ministère, puis ont été témoins de sa mort sur la croix et de sa résurrection.

Le mot résurrection vient du latin resurgere qui signifie littéralement se relever, se lever une nouvelle fois.

En grec, le mot est anastasis qui signifie littéralement aussi se relever, se lever mais aussi se réveiller ou s’éveiller.

La tradition veut que les disciples, des femmes d’abord, ont fait l’expérience au tombeau d’une nouvelle présence du Christ après sa mort. Le vocabulaire utilisé autour de cette expérience est large: il s’est réveillé d’entre les morts, il est ressuscité, il est revenu à la vie.

Force est de constater qu’il s’agit d’un mystère profond dont on ne peut faire le tour en une lecture. Comme il est d’usage de le dire dans la liturgie catholique en particulier «Il est grand le mystère de la foi».

La résurrection dans les Evangiles

Tous les Evangiles canoniques (Matthieu, Marc, Luc et Jean) racontent, avec quelques variations, des récits de la résurrection ou du relèvement du Christ, trois jours après sa mort mais aussi durant les 50 jours qui ont suivi jusqu’à la fête de Pentecôte (livre des Actes des Apôtres) où il serait définitivement « monté vers le Père » après avoir fait don de son Esprit, l’Esprit saint/Souffle sacré.

Le plus ancien évangile qui semble attester de cette expérience troublante est celui de Jean. C’est Marie (Myriam) de Magdala qui est la première témoin de la résurrection du Christ, ce qui fait d’elle la première femme apôtre dans l’histoire chrétienne, même si l’Eglise a longtemps tenté d’amoindrir ce fait.

Le fait que ce soient des femmes qui aient fait en premier cette expérience est, de la reconnaissance de tous les spécialistes, un fait indéniable. En effet, les femmes n’avaient quasiment aucun statut à cette époque. Aussi, le fait qu’elles soient mentionnées explicitement dans les quatre évangiles (avec quelques nuances) marque profondément qu’il s’agit là d’une vérité que nul n’a pu ignorer, ni effacer de l’histoire. Bénies soient ces femmes pour leur courage et leur témoignage arrivé jusqu’à nous.

Evangile de Jean chapitre 20, versets 11 à 18

Marie (restée seule) se tient près du tombeau, dehors et elle pleure.
Tout en pleurant, elle se baisse pour regarder dans le tombeau;

elle voit alors deux anges (messagers) vêtus de blanc assis à l’endroit où avait reposé le corps de Jésus, l’un à la place de la tête et l’autre à la place des pieds.

Les anges lui demandent:
– Pourquoi pleures-tu?
Elle leur répondit:
– On a enlevé mon Maître, et je ne sais pas où on l’a mis.

Ayant dit cela, elle se retourne et voit Jésus qui se tient là,
mais sans se rendre compte que c’est lui.

Jésus lui demande:

– Pourquoi pleures-tu? Qui cherches-tu?
Pensant que c’est le jardinier, elle lui dit:
– Si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as mis, et j’irai le reprendre.
Jésus lui dit:

– Marie!
Elle se retourne vers lui et lui dit en hébreu:
– Rabbouni! ce qui signifie “mon maître!”

Jésus reprend:

– Ne me retiens pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père.
Mais va vers mes frères et dis-leur:
– Je monte vers mon Père qui est aussi votre Père,
vers mon Dieu qui est aussi votre Dieu.”»

Marie de Magdala se rend donc auprès des disciples et leur annonce:
– J’ai vu le Seigneur!»
Et elle leur raconte ce qu’il lui a dit.

Jésus est-il vraiment ressuscité ?

C’est une question qui a troublé dès le début les disciples, les religieux, les gardes jusqu’à Ponce Pilate. N’est-ce pas une mise en scène ? Le corps aurait-il été volé ? Tout apparaît dans les Evangiles, mais l’expérience et le témoignage demeurent plus forts que tout. Et il l’est tellement qu’il perdure jusqu’à nos jours.

Combien de femmes et d’hommes rencontrés dans leur intime par le Christ, par la force de son Amour et de sa Parole ? L’apôtre Paul bien après la mort du Christ a fait l’expérience de sa Présence et cela l’a complètement bouleversé et transformé. Combien d’autres ont vécu des rencontres mystiques ? Des millions de personnes ont été touchées par Jésus et révèlent que cet homme portait en lui le divin et son éternité, hier comme aujourd’hui. Il relève, il ressuscite, il nous éveille et nous réveille à la puissance de vie et d’Amour à l’œuvre par-delà les siècles.

Découvrez les deux vidéos de Carolina Costa, théologienne et pasteure sur cette question:

Quelle est la langue de Jésus Christ ?

Jésus était juif, de Palestine, originaire de Nazareth en Galilée. Il parlait araméen (une langue sémitique) mais connaissait visiblement l’hébreu puisqu’il lisait la Torah dans les synagogues et la commentait.

Vidéo ci-dessous «L’araméen n’est pas une langue morte» Journal La Croix

Quel est le vrai visage de Jésus Christ ?

Durant de très nombreux siècles, des peintres, des sculpteurs et des artistes ont tenté de représenter Jésus Christ à leur image pourrions-nous dire. Il a ainsi été longtemps représenté comme un jeune homme à la peau claire, les yeux clairs, les cheveux longs, fin ou émacié et élancé.

Très représenté dans l’art religieux orthodoxe des icônes (comme celle ci-dessous).

Christ Pantocrator de la deisis de la cathédrale Sainte Sophie à Istanbul, Turquie, XIIIème siècle.

Mais depuis quelques décennies, l’image de Jésus a évolué et des artistes contemporains ont osé la revisiter pour bouleverser les consciences et faire réfléchir.

La Cène vu par Marithé et François Gerbaud

Or, des scientifiques se sont penchés sur cette question en 2015, pour tenter de réaliser un portrait-robot plus réaliste qui correspondrait mieux à l’origine ethnique de Jésus et au contexte dans lequel il a évolué. Grâce à un crâne d’un homme ayant vécu en Galilée au premier siècle après J.C ils ont tenté de reconstitué cette image ci-dessous.

Crédit photo: Wikimédia Commons

La vérité, c’est qu’on ne saura jamais à quoi ressemblait Jésus en réalité, mais la lecture des Evangiles révèlent un homme extrêmement charismatique, qui devait certainement rayonner par son regard, par un corps généreux et ouvert, car on dit de lui qu’il aimait les bonnes tables.

Evangile de Marc, chapitre 11, verset 19:
«Jean Baptiste est venu, il ne mange, ni ne boit et l’on dit de lui:
il est fou!
Le Fils de l’homme est venu, il mange et il boit et l’on dit de lui:
Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des collecteurs d’impôts et des pécheurs

Qui est le fils de Jésus ?

Certaines personnes sont convaincues que Jésus, rabbin à son époque, ne pouvait qu’être marié comme c’était l’usage et qu’il aurait forcément eu ainsi une progéniture. La plupart du temps, la femme de Jésus est associée à Marie Madeleine (Myriam de Magdala) qui apparaît dans les Evangiles comme très proche du Christ.

Elle est la première femme apôtre puisque première témoin de la résurrection de Jésus. Son dialogue dans l’évangile de Jean (chapitre 20) semble également suggérer une relation intime entre les deux. L’Evangile apocryphe de Marie ou de Philippe aussi mentionne cette relation particulière entre les deux notamment par le baiser sur la bouche dans ce dernier. Extrait de l’Evangile de Philippe:

«La Sagesse, qui est appelée stérile, est la Mère des anges. Et la compagne (koinonós) du Fils est Marie-Madeleine. Le Seigneur aimait Marie plus que les autres disciples et il l’embrassait souvent sur la bouche. Les autres disciples le virent aimant Marie, ils lui dirent: «Pourquoi l’aimes-tu plus que nous tous?» Le Sauveur répondit, il leur dit: «Comment se fait-il que je ne vous aime pas autant qu’elle?»

Toutefois, les historiens s’accordent aussi à dire que ce baiser était pratiqué au sein des communautés gnostiques et qu’il était probablement un signe de transmission de maître à disciple. Cela marque d’autant plus l’autorité spirituelle accordée à Marie par le Christ, mais qui dans une église conduite par des hommes durant deux millénaires, a eu tendance à disparaître jusqu’à nos jours, où elle sort enfin de l’ombre pour être pleinement réhabilitée et reconnue.

Le mystère reste entier et que Jésus puisse avoir été un époux et un père n’enlève rien à sa révélation, son enseignement et son incarnation divine dans une vie humaine bien au contraire.

Un géologue israélien prétend avoir découvert la tombe de Jésus et de son fils, à Jérusalem:

La croix avec ou sans Jésus Christ ?

Lors d’une visite au Musée d’art et d’histoire je suis tombée sur une œuvre d’un Christ en croix. Les catholiques et orthodoxes sont plus habitués à voir cette image dans leurs églises. Alors que les protestants sont plus enclins à une croix simple et vide. Pourtant, je dois reconnaître que lors des fêtes de Pâques, j’aurai bien envie de « voir » un Christ en croix durant la semaine pascale dans mon propre lieu.

Car méditer face à un Christ en croix, donne à mon avis toute sa profondeur à la Passion du Christ. Je crois même que nous avons besoin de « voir », tout comme au matin de Pâques les Evangiles nous invitent à voir au-delà du tombeau vide.

Regarder vendredi saint en face c’est aussi élargir son regard dans la foi, à ce qui n’est pas visible à l’œil nu si je puis dire… Certes c’est inconfortable de regarder cette souffrance devant nos yeux. Pourtant si nous la nions cette souffrance, ne passons-nous pas justement à côté de la Bonne Nouvelle en Jésus ? N’est-ce pas une invitation à voir plus loin, au-delà de la souffrance?

«Ne passez pas à côté de la beauté cachée» comme l’énonce le titre d’un film majestueux sur le deuil d’en enfant. Personnellement, chaque fois que je regarde en profondeur ce Christ en croix, je suis toujours bouleversée par ce mystère qui semble tout embrasser par ses bras écartés à l’Infini. «L’Amour supporte tout, endure tout, pardonne tout, contient tout» écrit l’apôtre Paul dans la première épître aux Corinthiens chapitre 13. Un Christ en croix me donne à «voir» précisément Son Amour.

Et cet Amour me bouscule car en vérité Il me porte plus loin, en particulier au-delà de mes rapports habituels sur le bien et le mal.Car en Christ tout est UN. Unifié, réconcilié.

Mais qu’est-ce que cela signifie?

Obscurité et Lumière semblent frère et sœur dans le Dieu Père/Mère. Comment serait-ce possible? La résurrection n’est-ce pas la victoire de l’amour sur la haine? De la lumière sur l’obscurité ? Pourtant, regardons bien le Christ en croix… Il ne lutte pas contre le mal, mais il l’entoure de Son Amour.

Toute la violence, la haine, le mépris, l’abandon, la trahison sont comme portées sur cette croix qu’il embrasse de Son Amour. Quelle puissance se joue là sous nos yeux si nous n’y prêtons pas attention! Quel scandale aussi pour une foi habituée peut-être à condamner, juger…

La croix, la résurrection n’est-ce pas précisément une invitation à nous ouvrir plus infiniment encore que ce que nous pouvons voir ou croire humainement? Un Christ en croix, un tombeau vide et un message d’espérance: Dieu était avec Jésus… Tout comme Il était avec ses disciples en panique et fuyants, avec Judas le traître, avec le grand-prêtre, avec Pilate, avec la foule, avec Barabbas, avec les soldats violents,avec les brigands crucifiés, avec Joseph d’Arimathée, avec Marie, avec Myriam de Magdala… 

L’Emmanuel – qui signifie Dieu avec nous. Avec chacun.e d’entre nous à travers tout ce que nous vivons. TOUT! Car Son Amour n’a pas de limite, ni de fin. Il est le commencement et la fin de toute chose, éternellement…la substance même de l’univers comme l’écrivait l’auteure Christiane Singer. Oui Pâques n’a pas fini de parler, Il est toujours le commencement d’un nouvel élan, d’un nouveau Souffle, d’une nouvelle espérance…

Auteure Carolina Costa
© Editions Atalahalta