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SPIRITUALITÉ ET / OU RELIGION ?

Aujourd’hui, j’aimerai vous parler DES DIFFÉRENCES ET RESSEMBLANCES ENTRE SPIRITUALITÉ ET RELIGION ? Spiritualité ? Religion ?

Tu as peut-être déjà fait cette expérience: prendre quelques instants pour te poser, sans rien faire d’autre que d’être là, présent à l’instant et à tout ce qu’il se passe à l’intérieur comme à l’extérieur de toi? Cette expérience est commune a beaucoup de spiritualités et de religions.

L’exemple le plus courant d’une manière de pratiquer la méditation vient du zen bouddhiste, pour atteindre ce que les bouddhistes nomment l’éveil. Cette pratique a été «dé-spiritualisée» par le célèbre médecin Jon Kabat-Zinn, de manière à pouvoir l’introduire particulièrement dans le secteur médico-social, par le biais de ce qu’on appelle communément le Mindfulness ou la Méditation en Pleine Conscience

Bouddha

Mais c’est aussi une manière de prier chez les chrétiens, par exemple dans la méditation spirituelle chez les moines et moniales du Carmel (appelée aussi oraison silencieuse ou contemplation) ou dans l’Église orthodoxe qui pratique la prière du cœur (de son nom « savant » hésychasme). C’est également ce que développent certaines spiritualités dites « païennes », qui se tournent plutôt vers une communion avec la nature. C’est enfin une manière de se préparer à la prière chez les musulmans, par une forme de méditation appelée muraqaba qui permet de se rendre attentif à la présence de Dieu en soi.

En énumérant ces différentes pratiques, on se rend bien compte d’une chose : l’être humain est par nature caractérisé par une soif de spirituel. Notre vie est une constante quête d’un « quelque chose », que l’on a plus ou moins de facilité à nommer et définir, selon nos histoires, nos sensibilités et nos appartenances ou non à une religion ou à une forme de spiritualité particulière.

Le philosophe Frédéric Lenoir dit très justement que la quête spirituelle de l’humain, c’est d’abord une quête de sens. C’est vrai, quand on y réfléchit un peu, ne cherchons-nous pas toujours à savoir qui nous sommes et pourquoi nous sommes sur terre ?

Méditation

 Il semble indispensable à l’humain de donner un sens à sa vie, notamment en entrant en relation ou en communion avec un principe transcendant, c’est-à-dire quelque chose de plus grand que nous.

Mais alors, quelle différence y a-t-il entre spiritualité et religion ? Si toutes les formes de quêtes spirituelles ont un but similaire, pourquoi les classe-on en deux catégories distinctes ?

Comment définir la spiritualité ?

On peut penser la spiritualité comme toute chose qui vient du cœur de l’humain, une sorte d’amour présent en chacune et chacun. Ce serait comme un principe fondateur qui serait inhérent à l’être humain. La spiritualité fait partie de notre nature.

Plus précisément, on peut penser que c’est la manière dont chaque être humain vit et exprime sa relation personnelle à ce « quelque chose » dont nous avons parlé plus tôt.

Le frère John, de la communauté de Taizé, explique que le terme spiritualité désigne « un parcours personnel et intérieur, des convictions et des pratiques qui constituent comme un cheminement spirituel, le lent développement et approfondissement d’une vie intérieure ». (in Quelle est la spécificité de la foi chrétienne ?, Les Cahiers de Taizé n°3, 2007, p. 7)

Prière Taizé
Prière de Taizé. Photo: Jacques Cousin/CIRIC

C’est alors quelque chose d’intérieur et qui s’exprime vers l’extérieur dans nos actes au quotidien. C’est de l’ordre de l’intime et du personnel. Ça vient de soi et ce n’est pas nécessairement vécu avec d’autres.

Quelle est la définition de la religion ?

La religion, elle, semble être quelque chose de plus particulier et de moins large que la spiritualité. En fait, la religion serait même une forme de spiritualité parmi d’autres.

On peut envisager la religion comme une manière de vivre sa spiritualité, qui n’est plus individuelle mais commune à un grand nombre de personnes. Ainsi, une religion, c’est d’abord quelque chose de communautaire. C’est un ensemble de croyances que l’on partage au sein d’un groupe.

L’un des premiers à avoir employé le terme de religion est Cicéron, un auteur romain qui est né vers 160 avant Jésus Christ. Il parle de la religion comme étant le fait de s’occuper d’une «nature supérieure que l’on appelle divine et de lui rendre un culte» (in De l’invention oratoire, livre II, § 53). N’oublions pas que Cicéron était romain et vénérait donc plusieurs dieux. Cela nous permet de noter que la religion n’est pas nécessairement le fait de croire en un seul Dieu. Ce n’est même pas le fait de croire en des dieux et des déesses, mais bien en un principe qui dépasse l’humain.

La religion serait plutôt le fait de partager des croyances communes et de pratiquer des rituels en communauté. Ces rituels, codifiés, seraient le chemin vers le «quelque chose», le principe qui dépasse l’humain. En fait, la religion relèverait même plutôt de l’idée de famille!

Comment définir la spiritualité

Par exemple, une personne chrétienne se considère comme membre de l’Église universelle. Celle-ci est comme une grande famille, où chacun est reconnu comme enfant de Dieu et que les croyants sont ainsi frères et sœurs en Christ.

De la même manière, les personnes musulmanes affirment leur appartenance à la Oumma, qui veut littéralement dire «communauté» et qui vient de la même racine que le mot en arabe qui veut dire «mère». On trouve là encore une idée de famille, et les croyants se considèrent les uns les autres aussi comme des sœurs et des frères. Mais alors… 

Quelle est la différence entre la religion et la spiritualité ?

La réponse à cette question ne réside semble-t-il pas dans ce que l’on met derrière ce «quelque chose». En effet, ce que l’on considère comme les cinq grandes religions – le judaïsme, le christianisme, l’islam, le bouddhisme et l’hindouisme – n’ont pas la même idée de ce fameux «quelque chose». Pour les trois religions monothéistes c’est Dieu, unique principe divin créateur. Pour les bouddhistes c’est l’Éveil, c’est-à-dire l’actualisation de la nature de Bouddha présente en chacune et chacun de nous. Pour les hindous ce sont les Vedas, qui sont les textes qui révèlent la Connaissance. Et pourtant ce sont toutes des religions.

La réponse ne semble pas non plus être la relation d’une personne avec une divinité ou un principe transcendant, puisque cette relation intime et personnelle est présente dans les religions comme dans les spiritualités.

La différence réside alors probablement dans cette idée de communauté ou de famille dont nous venons de parler.

différence entre la religion et la spiritualité

Qu’est-ce que ça veut dire religieux ?

Religieux c’est l’adjectif qui qualifie tout ce qui tient de la religion. Une pensée, un acte, une personne, tout peut être qualifié de religieux. Ce qui est intéressant, c’est quand on emploie ce terme pour désigner une personne. Souvent, dire de quelqu’un qu’il est religieux ou religieuse, c’est dire soit qu’il.elle est un moine ou une moniale, soit qu’il.elle est une personne «bonne croyante», qu’il.elle pratique bien sa religion. Mais au fond, est-ce vraiment ça ? Ce serait décider qu’il y a des personnes qui croient bien et d’autres mal, et cela semble un peu gênant, non ?

Être religieux, ça n’est pas être un bon ou une bonne croyante! Être religieux, ça n’est pas nécessairement se retirer du monde pour vivre sa religion. Les moniales et moines font ce choix mais nous ne sommes pas toutes et tous obligés de faire le même. On peut être une personne religieuse dans le monde, en partageant simplement ce en quoi on croit.

En fait être religieux, c’est simplement le fait de croire en quelque chose – Dieu, une nature divine, un principe supérieur – et de vivre (ou plutôt d’essayer de vivre) au quotidien en lien avec ce «quelque chose», et souvent au sein d’une communauté.

Comment atteindre un niveau spirituel ?

Et si la question était ailleurs? Et si la spiritualité, religieuse ou intime, n’était-elle pas justement ce qui nous sort de la recherche de résultats et d’une efficacité? Développer sa spiritualité, ce n’est pas la même chose que chercher à atteindre le prochain niveau d’un jeu vidéo!

Comment atteindre un niveau spirituel

Et si finalement, le but n’était pas d’être une personne qualifiée de bonne croyante, ou experte dans sa religion ou sa spiritualité? Et si la seule chose à rechercher c’était de rendre plus forte, plus belle et plus intense notre relation au fameux «quelque chose» dont nous parlons depuis tout à l’heure?

L’important serait de vivre une relation avec ce «quelque chose» au quotidien, par des prières, des méditations, des moments de joie et de partages avec d’autres humains. Bref, de s’abreuver à chaque instant à la source de toute vie.

Le pape François écrit que pour les personnes chrétiennes «cette source de dignité humaine et de fraternité se trouve dans l’Évangile de Jésus Christ» (in Encyclique Fratelli Tutti (Sur la fraternité et l’amitié sociale), Vatican, 2020, p. 200) mais que «d’autres s’abreuvent à d’autres sources». C’est une belle manière de signifier que, quelle que soit sa spiritualité ou sa religion, chaque être humain est libre de son chemin spirituel et qu’il n’y a pas une manière de croire et de nourrir sa spiritualité qui serait meilleure que les autres. Nous sommes toutes et tous perpétuellement en chemin vers notre «quelque chose», quel que soit le nom qu’on lui donne.

Parce qu’en fait tout ça, la religion, la spiritualité, c’est au bout du compte un chemin vers une vie meilleure, parce que plus intense et remplie de plus d’amour non? 

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Karine Michel, d’après la vidéo de Carolina Costa

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Emangile 3.0
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Carolina Costa

Carolina Costa

Je suis théologienne, formée à l’Université de Genève, à la faculté autonome de Théologie Protestante (master UNIGE).

J’y ai acquis des compétences historico-critiques et appris le grec et l’hébreu, ce qui me permet de pratiquer mes propres traductions plus contemporaines et accessibles.

J’incarne une théologie réformée progressiste, inclusive, existentielle et joyeuse, en me servant de différents supports comme la vidéo, pour déployer mon énergie et l’Amour contagieux du Christ.

J’écris des livres sur les grandes étapes de la vie et je diffuse chaque semaine des vidéos brèves sur la foi sur les réseaux sociaux.

Carolina Costa

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Salut, je m’appelle Carolina Costa. Je suis pasteure et théologienne. Je suis décidée à te faire découvrir l’Amour inconditionnel transmis par Jésus-Christ.