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PRIÈRE NOTRE PÈRE

La prière du Notre Père

 Notre Père qui es aux cieux
Que ton Nom soit sanctifié
Que ton Règne vienne
Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour
Pardonne-nous nos offenses
Comme nous pardonnons aussi
A ceux qui nous ont offensés
Ne nous laisse pas entrer en tentation
Mais délivre-nous du mal
Car c’est à toi qu’appartiennent
Le règne, la puissance et la gloire
Pour des siècles des siècles
Amen

Prier notre père

La prière du Notre Père est considérée comme la prière universelle des chrétiens et chrétiennes. Elle est partagée par toutes les confessions du christianisme (protestants, catholiques, orthodoxes…) car, selon les Évangiles, il s’agit de la seule prière enseignée par Jésus lui-même. Quand on prie le Notre Père à l’église, on dit souvent qu’on est en communion et en pensée avec tou·te·s les chrétien·ne·s du monde. Cette prière est un des symboles qui rassemble la grande communauté chrétienne par-delà le temps et l’espace.

Qui a écrit le notre père ?

Le Notre Père est inscrit dans le grand discours que Jésus tient sur la montagne, dans l’évangile de Matthieu. Ce sermon contient les Béatitudes, des petites paraboles, des enseignements, une prière … Vous avez dit prière ?! Oui, c’est bien le Notre Père !

Vidéo Youtube de Carolina Costa « Qui a écrit le Notre Père ? »

Le Sermon sur la Montagne est considéré par certaines personnes comme le centre de l’Évangile. Jésus y annonce une bonne nouvelle véritablement libératrice, et l’évangéliste Matthieu voit en Jésus-Christ le Messie, qui vient accomplir la Loi et honorer la promesse de Dieu faite aux êtres humains. Le Notre Père de Matthieu est vraiment empreint dune tradition juive. En effet, on le voit à la mention de « Père », qui était fréquente dans les prières juives telles que le Kaddish. Jésus s’en est inspirée et l’a un peu remodelée. « Abba », c’est littéralement « Papa » en hébreu. Cela marque la proximité que l’on peut avoir avec Dieu au travers de cette prière. On prie peut-être seul·e, mais cette prière est tellement répandue dans le monde, qu’on peut être certain·e que quelqu’un d’autre sur la planète est en train de prier avec les mêmes mots au même moment que nous. On n’est donc jamais vraiment seul·e ! C’est la beauté de la communauté chrétienne et la proximité de Dieu.

Et pourtant, dans le Notre Père, Dieu est aussi éloigné. Des passages comme « Notre Père qui es aux cieux » et « comme dans le ciel, aussi sur la terre », reflètent une tension typiquement juive : dun côté, le Père est proche de ses enfants, il les voit et les nourrit, et de lautre, ce Père est dans les cieux, transcendant et tout-puissant, et donc plus éloigné. Le fait que l’on demande à « sanctifier son Nom » rappelle aussi le tétragramme sacré YHWH pour écrire « Dieu », imprononçable en hébreu. C’est pourquoi les juifs le nomme souvent Hashem, « le Nom ». Cela donne l’impression qu’Il est à part, Tout-Autre.

Qui a écrit notre père

Mais le message de Jésus, c’est aussi de dire que Dieu, les cieux et son Royaume sont également au-dedans de nous, dans notre coeur. Le Christ est présent avec nous dans la prière, et c’est une belle occasion de se retrouver en soi, auprès du Père qui connaît déjà ce dont nous avons besoin.

Comment prier notre père qui est au cieux ?

Comme c’est une prière chrétienne commune à toutes les confessions, devenue « liturgique », c’est-à-dire qu’elle est surtout dite au cours des célébrations (cultes et messes) que nous pouvons l’entendre et/ou la prononcer à plusieurs. Mais chacune et chacun peut aussi bien sûr la réciter tout seul dans son cœur « dans sa chambre » c’est-à-dire dans un lieu d’intimité pour ne pas être dérangé. Mais la prière peut aussi bien sûr être dite aussi avec d’autres personnes en-dehors du cadre célébratif. C’est une prière transportable partout et tout le temps.

Vidéos Youtube 1 et 2 de Carolina Costa : COMMENT DIRE le Notre Père ? »  

Comme Carolina l’a précisé dans sa vidéo, le Notre Père trouve son origine dans la tradition juive antique, puisqu’elle est en partie reprise de prières répétées par les Juifs : le Shemômne Ezre (Prière des 18 bénédictions) et le Kaddish, notamment pour la première partie, qui concerne la sanctification du nom de Dieu et la venue de son règne.

Bougies de prières

Si les disciples demandent à Jésus le mode d’emploi « prière » comme le relèvent deux des quatre évangiles (Matthieu et Luc), c’est que dans la communauté judéo-chrétienne des premiers temps après la mort de Jésus, les fidèles, pratiquement toutes et tous d’origine juive, se demandent si avec le Rabbi Joshua de Nazareth, il ne conviendrait pas de modifier la tradition. Ce que Jésus fait justement en introduisant la notion de Père en particulier, et en « fondant » deux prières tout à fait communes en une. Jésus n’a donc rien « inventé » en matière de liturgie, mais il a précisé quelques termes.

Maintenant pour faire écho à la proposition de traduction du Notre Père de Carolina quand Jésus dit « Je suis au milieu de vous », il s’agit bien de cette « image de Dieu » qui est au cœur de notre individu. Si nous relevons que Jésus est juif, qu’il parle à des juifs de son temps et que son objectif est de rendre « proche » le Royaume de Dieu, c’est-à-dire un état où les Dix Paroles seront respectées, et quand la charité et l’amour fraternel seront prioritaires, il fait allusion à ce qui nous est commun à toutes les créatures : le Souffle de vie.

Cette étincelle dont personne n’a jamais encore réussi à susciter de la matière. Cet « instinct de vie » qui traverse les civilisations et les espèces et qui permet leur survie de génération en génération contient les principes fondamentaux de la vie en société, des fourmis aux humains, des bonobos aux oiseaux. On peut appeler cela l’instinct maternel ou paternel, c’est la règle qui veut que nous ne nous mangions pas entre nous, que nous respections notre voisin, notre voisine et que dans le meilleur des cas nous nous aimions assez pour nous entraider… Les éléphants le font bien, alors pourquoi pas nous ? En nous référant à cette étincelle qui nous fait vivre comme à la trace laissée par Dieu, nous nous retrouvons à dire légitimement « Notre Père » à ce qui fait de nous des êtres vivants en relation héréditaire avec tous les vivants, plantes et animaux.

Maintenant pour demander à Dieu de me faire gagner à la loterie, mieux vaut acheter un billet, dit la sagesse juive !

Notre père qui est au cieux bible

La prière de Jésus se trouve dans le Nouveau Testament de la Bible, plus particulièrement dans les évangiles de Matthieu et de Luc. Un lecteur ou une lectrice avertie sera peut-être surpris de découvrir quelques différences entre le texte biblique et la prière récitée lors des cultes et messes. Cette prière a donc évolué entre le moment où Jésus l’a prononcée dans les années 30, puis lors de la rédaction des évangiles dans les années 70-120, puis dans l’histoire de l’Eglise jusqu’à nos jours où récemment elle a encore connu une évolution dans sa traduction française.

Notre père qui est au cieux bible

Evangile de Matthieu 6, 5-14 qui se situe à la fin du célèbre discours Le sermon sur la montagne :

« Quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites qui aiment prier debout dans les synagogues au coin des rues de manière ostentatoire pour que tout le monde les voie.
Je vous le déclare c’est vrai : ils ont déjà leur récompense.

Mais toi lorsque tu veux prier, entre dans ta chambre (grotte intérieure), ferme la porte et prie ton Père qui est là, dans cet endroit secret ; et ton Père, qui voit ce que tu fais en secret, te récompensera. Quand vous priez, ne répétez pas sans fin les mêmes choses comme les païens, qui s’imaginent que c’est parce qu’ils parlent beaucoup que Dieu les exaucera !
Ne les imitez pas car en réalité Dieu sait déjà de quoi vous avez besoin avant même que vous le lui demandiez. Voici donc comment vous devez prier :

Notre Père qui es dans les cieux !
Que ton nom soit sanctifié/Que chacune et chacun reconnaisse que tu es le Dieu saint ;
Que ton Règne/Royaume vienne ;
Que ta volonté/ton désir soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien/du jour/nécessaire ;
Pardonne-nous nos offenses/erreurs/péchés/fautes/manques d’amour,
comme nous aussi nous pardonnons
à celles et ceux qui nous ont offensés/qui ont manqué d’amour envers nous ;
Ne nous induis/expose pas en tentation,
mais délivre-nous du malin/mal/mauvais.

Car si vous pardonnez aux autres le mal qu’ils vous ont fait, votre Père qui est au ciel vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez pas aux autres, votre Père ne vous pardonnera pas non plus le mal que vous avez fait. »

 

Evangile de Luc 11,1-4 qui se situe après le célèbre texte de Marthe et Marie :

« Jésus priait un jour en un certain lieu.
Lorsqu’il eut terminé, un de ses apprentis disciples lui demanda :
– Seigneur, enseigne-nous à prier, comme Jean l’a enseigné à ses aprentis disciples.
Jésus leur enseigna :
– Quand vous priez, dites :
Père !
Que ton nom soit sanctifié/que toutes et tous reconnaissent que tu es le Dieu saint ;
Que ton Règne/Royaume vienne.
Donne-nous chaque jour notre pain quotidien/du jour/nécessaire ;
Pardonne-nous nos offenses/erreurs/péchés/fautes/manques d’amour,
car nous aussi nous pardonnons
à celles et ceux nous offensent/manquent d’amour envers nous  ;
et ne nous induis/expose pas en tentation.
 »

Marie priant notre père

Le notre père traditionnel

Le Notre Père est la seule prière transmise directement par Jésus. Il l’enseigne à ses disciples qui lui demandent comment prier. On en trouve le texte dans deux Évangiles : chez Matthieu, chapitre 6, versets 9 à 13, et chez Luc, chapitre 11, versets 2 à 4. Cette prière se compose de demandes et de confessions de foi, c’est-à-dire de phrases qui formulent ce que l’on croit. En voici une brève explication :

« Notre Père qui es aux cieux » : cette formule qui débute la prière est une manière d’interpeller Dieu. Elle est une confession de foi, puisqu’on dit qui est Dieu pour nous, un père, une personne de confiance. Il est donc à la fois proche, en étant parent, et à la fois lointain, insaisissable, en étant « aux cieux ». 

« Que ton nom soit sanctifié » : le nom dans la Bible, mais aussi aujourd’hui, est ce qui nous donne notre identité, nous différencie des autres. En invoquant le nom de Dieu, on entre en relation avec Lui, et Il accepte de se révéler à nous.

« Que ton règne vienne » : par cette demande, nous attendons le nouveau monde de justice et de paix promis par Dieu, que Jésus a commencé.

« Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel » : celle-ci est la conséquence de la précédente, ainsi que de la relation à Dieu. Elle nous encourage à agir nous-même pour ce monde de justice et de paix. Nous sommes libres et invité·e·s à partager l’amour reçu de Dieu par nos actions et nos paroles.

Notre père qui est au cieux

« Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour » : cette demande implique tout ce qui est nécessaire pour vivre. Elle nous appelle à avoir confiance en Dieu et à nous décharger de l’inquiétude du lendemain, afin de pouvoir agir pour un monde plus juste (sur ce thème, je t’invite à lire le magnifique texte de Matthieu 6, 24-34).

« Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés » : c’est la miséricorde et l’amour de Dieu à notre égard qui sont invoqués ici, mais aussi notre miséricorde et notre amour à l’égard des autres. Nous sommes invité·e·s à être à l’image de Dieu, comme Il l’a voulu lors de la Création.

« Ne nous laisse pas entrer en tentation mais délivre-nous du mal » : Dieu nous appelle à quitter nos peurs, nos enfermements et nos travers pour cheminer avec lui.

« Car c’est à Toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire, pour les siècles des siècles » : cette doxologie finale est à la foi une louange, une reconnaissance de la grandeur de Dieu, et une confession de l’amour de Dieu qui est plus fort que les puissances de ce monde.

notre père dans la bible

Le Notre Père a été prononcé par Jésus en araméen, sa langue maternelle. Il a été transmis par les auteurs des Évangiles en grec. Puis il a été traduit dans de nombreuses langues pour que chacun·e puisse le comprendre et le dire. Les enjeux de tant de traductions sont importants car elles influencent notre manière de voir Dieu. Voyons-en quelques exemples qui nous aiderons à mieux comprendre cette prière.

Notre père protestant

Le Notre Père est une prière commune à toutes les chrétiennes et chrétiens du monde, et c’est entre autres ce qui les réunit. Toutes les communautés ont choisi de garder la version de l’évangile de Matthieu (6,9-13), et non celle de l’évangile de Luc (11,2-4).

Cependant, il existe une petite différence entre les catholiques et les protestants : il s’agit de la dernière partie du Notre Père, que l’on appelle la doxologie finale :

« Car c’est à Toi qu’appartiennent le Règne, la Puissance et la Gloire,
pour les siècles des siècles.
Amen ».

Elle n’est pas attestée dans les manuscrits du Nouveau Testament et on ne la retrouve par écrit que dans un document hors Bible daté de la fin du Ier / début du IIème siècle. Chez les protestants, on la considère tout de même comme partie intégrante du Notre Père, alors que les catholiques la sépare du reste du texte. Avant la partie finale, le prêtre récite seul : « Délivre-nous de tout mal Seigneur, et donne la paix à notre temps ».

Récemment, la prière du Notre Père a subi une modification adoptée par les protestants et catholiques francophones. « Ne nous laisse pas entrer en tentation » est venu remplacer « Ne nous soumets pas à la tentation ». Cette traduction est plus proche du texte grec et enlève l’idée que Dieu lui-même pourrait nous tenter, alors qu’Il nous demande expressément de faire le bien.

Genèse

Notre Père et Mère

Cette prière est touchante d’abord parce qu’elle vient de la bouche de Jésus. Autrement dit, elle nous permet d’entendre comment lui-même s’adressait à Dieu et quelle était la nature de leur relation. Elle se vit de manière intime et privée, dans le silence et le secret. Une manière de se rendre totalement disponible à écouter et à dialoguer avec l’Éternel et découvrir que je ne suis jamais seul.e.

C’est un Dieu proche et accessible à qui je peux dire Tu. Que je peux appeler Papa (j’ajouterai aujourd’hui Maman comme la Bible elle-même atteste du féminin de Dieu). Un Dieu qui n’est pas un être lointain ou absent mais une Présence intime ici et maintenant au plus profond de moi et qui me traverse par son Souffle. Quelqu’un à qui je peux tout dire et tout demander comme en attestent aussi les Psaumes.

Si vous la relisez bien cette prière, vous découvrirez à quel point elle est universelle. Elle pourrait être dite par n’importe quelle personne croyante, de n’importe quelle tradition spirituelle et dans n’importe quelle langue. J’aime cette prière parce qu’elle parle de nous : frères et soeurs humains, reliés les uns les autres, invités à vivre des liens d’amour et de réconciliation.

En ce 21ème siècle, nous pouvons aussi nous réapproprier cette prière en la féminisant. Dans la communauté du LAB (www.lelab.church) à Genève elle est récitée et chantée ainsi :

Notre Père/Mère qui es aux cieux
Que ton Nom soit sanctifié
Que ton Règne vienne
Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour
Pardonne-nous nos offenses
Comme nous pardonnons aussi
A celles/ceux qui nous ont offensés
Ne nous laisse pas entrer en tentation
Mais délivre-nous du mal
Car c’est à toi qu’appartiennent
Le règne, la puissance et la gloire
Pour des siècles des siècles
Amen

 

Notre Père version Carolina Costa

Beaucoup d’entre nous avons appris cette prière par cœur. Elle est ainsi transportable partout comme un trésor que rien ni personne ne pourra jamais nous enlever et que nous pouvons partager avec d’autres sur le chemin.

Certaines personnes disent avoir été « gavées » par cette prière dès l’enfance. Elle a perdu de sa saveur, de son sens au fil du temps au point parfois que ces personnes n’arrivent même plus à la prononcer. J’ai alors écrit une version pour favoriser la réconciliation avec cette prière afin qu’elle puisse retrouver le cœur et permettre de revivre cette communion qu’elle permet. Lorsque je dis cette prière personnellement, voici ce que j’entends par-delà les mots habituels…

Notre Dieu Papa et Maman qui habite dans le ciel,
au-dehors et au-dedans de notre cœur,
Que Ton Nom reste toujours un mystère infini à respecter,
Que Ton Royaume de paix se déploie en nous,
Que Ton Amour et Ta joie s’établissent en nous et autour de nous.
Donne-nous tout ce dont nous avons besoin pour vivre aujourd’hui.
Pardonne-nous nos manques d’amour,
Comme nous aussi, nous pardonnons celles et ceux qui nous ont blessés.
Préserve-nous de ce qui nous divise à l’intérieur
et délivre-nous de ce qui nous empêche d’être en relation avec nous-mêmes, avec les autres et avec Toi.
Car Tu es Le tout-puissant d’Amour de toute éternité.
Amen*

(*version Notre Père par pasteure Carolina Costa dans son livre-jeu « Baptême. Plongez dans l’aventure !, Ed. Atalahalta, Genève, 2019)

Icône Marie taizé

Prière notre père et je vous salue Marie

« Je vous salue, Marie pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen »

Autant, la prière du Notre Père permet de la prononcer à l’unisson au sein de toutes les confessions chrétiennes dans les cultes et les messes et dans les célébrations œcuméniques en particulier. Autant la prière « Je vous salue Marie » est dite principalement par les catholiques. Mais tout comme la prière du Notre Père, elle également d’origine biblique puisqu’elle s’est construite à partir des paroles de l’ange à l’Annonciation et d’Elisabeth la cousine de Marie lors de la Visitation. Et elle a également connu des ajouts postérieurs et introduite dans le bréviaire romain par le Pape Pie V en 1568.

Origine biblique dans l’évangile de Luc 1, 28 + 41-42 :
« L’ange entra chez Marie et lui dit :
– Réjouis-toi ? Le Seigneur t’a accordé une grande faveur, Il est avec toi !

Au moment où Elisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant remua en elle dans son ventre. Elle fut remplie de l’Esprit saint/Souffle sacré et s’écria d’une voix forte :
– Dieu t’a bénie plus que toutes les femmes
et sa bénédiction repose sur l’enfant que tu auras !
 »

Pourquoi ne pas prononcer à l’unisson aussi de manière œcuménique cette prière « Je vous Salue Marie » ? Cela m’évoque le fait qu’il y a toujours eu un problème culturel dans la civilisation antique et jusqu’à nos jours : La divinité masculine a généralement eu une comparse, compagne, épouse d’une manière ou d’une autre.

Même YHWH le Dieu unique des juifs a longtemps eu comme compagne Ashéra, jusqu’à ce que les maîtres du Temple de Jérusalem décident qu’il ne convenait pas d’avoir une représentation trop conforme à l’humanité pour un Dieu qui est au-delà de tout et créateur de l’univers. N’empêche que la présence d’une femme, plus maternelle que l’image de Zeus (d’où vient le nom de dieu) est devenue indispensable à l’identification des croyantes et croyants au modèle du christianisme qui s’impose dans les premiers siècles. Certains courants protestants progressistes assument désormais de plus en plus cette image féminine de Dieu et viennent combler ce vide en parlant par exemple de Dieu Mère qui trouve également des fondements bibliques. Ils poursuivent une ligne résolument féministe (c’est-à-dire qui prône l’égalité entre les femmes et les hommes) à la suite du Christ, entouré lui-même de femmes et à qui il apparaît en premier après sa mort, faisant de ces femmes, les premières apôtres de l’histoire.

Notre père chanté

Saint-Augustin disait : « Chanter, c’est prier deux fois » ! Le Notre Père connaît plusieurs versions chantées qui permettent de mettre en musique cette belle prière et ainsi la vivre de tout notre être avec des versions différentes au fil du temps.

Notre père chanté lors d’une célébration catholique à deux voix :

Les voix aiguës chantent :
Notre Père, que ton Règne vienne
Notre Père, que ton Règne vienne
Notre Père, que ton Règne vienne sur notre terre  

Les voix basses chantent :
Mon Dieu, que ton Règne vienne
Mon Dieu, que ton Règne vienne
Mon Dieu, que ton Règne vienne sur la terre
Dans la pratique, on a l’habitude de chanter quelques couplets moins fort, pendant que l’officiant·e récite le Notre Père en entier.

Version plus classique du Notre Père chanté (version Nikolaï Rimski-Korsakov) :

Moins répétitive, ce chant reprend la prière du Notre Père en entier et est souvent chantée dans les assemblées protestantes et œcuméniques.

Notre Père glorious

Glorious est un groupe musical catholique charismatique français de pop louange. Il a rencontré beaucoup de succès auprès des jeunes notamment à Lyon mais aussi de manière plus large en francophonie.

Notre père Taizé

Taizé est un petit village français où habitent une communauté de moines chrétiens issus de toutes . C’est aussi un grand lieu d’accueil pour les jeunes qui viennent y passer quelques jours ou quelques semaines. Les frères y partagent un peu de leur vie communautaire et transmettent leur foi et leur spiritualité. Ils pratiquent l’accueil inconditionnel au nom du Dieu d’amour.

Taize Kreuz

Comme toutes les communautés chrétiennes, le Notre Père a son importance. Les frères ne le récitent pas mais le chantent, principalement en français, en anglais et en allemand. La mélodie est très calme afin de pouvoir intérioriser le texte. Cette manière très douce de chanter, propre aux prières de Taizé, est très efficace pour entrer dans le recueillement et le dialogue avec Dieu.

C’est une autre manière de s’approprier ce moment de prière, qui pourrait aussi être accompagné de gestes. Enfin, si le sujet t’intéresse, Frère John de Taizé a écrit un petit commentaire sur le Notre Père qui développe un peu plus chaque phrase. Il permet de mieux comprendre cette prière qui accompagne les communautés chrétiennes depuis 2000 ans.

Notre père gestué

Comme le montre Carolina dans sa vidéo, on peut réciter le Notre Père en faisant des gestes. Cette manière de faire peut aider à la prière. D’abord, les gestes qui l’illustrent font souvent référence à un symbole qui fait le lien entre ce qui est dit et la manière de se le représenter. Ce symbole n’est alors pas un geste au hasard, mais il retranscrit le sens de la prière. Il permet de mieux comprendre les mots en se les figurant. Les gestes aident aussi à se souvenir plus facilement des mots de la prière. Cela peut être par exemple utile pour l’apprendre à des enfants. Cette mémoire par le corps s’appelle la mémoire kinesthésique.

Vidéo Youtube de Carolina Costa « NOTRE père gestué AVEC LES GESTES »

Exprimer sa prière avec son corps tout entier, et pas seulement avec sa pensée ou sa voix, peut aussi être une manière de se l’approprier davantage. C’est une manière de vivre profondément la prière, car impliquer son corps, c’est impliquer toute sa personne et son être dans ce dialogue avec Dieu. La prière n’est alors pas seulement intellectualisée, mais aussi vécue et ressentie concrètement. Le corps peut donc être investi pour vivre une relation pleine et entière avec Dieu.

Prier ensemble

Notre père en anglais 

Du côté anglophone, le texte est le même qu’en français, avec la variante « Ne nous conduis pas dans la tentation ». :

Our Father, who art in heaven,
Hallowed be thy name.
Thy Kingdom come.
Thy will be done on Earth as it is in Heaven.
Give us this day our daily bread.
And forgive us our trespasses, as we forgive those who trespass against us.
And lead us not into temptation,
But deliver us from evil.
For thine is the kingdom, the power and the glory for ever and ever.
Amen. 

Notre Père en araméen

Awon Douashmaya,
nét radash schmar,
tété-melkoutar néwé-séwianar,
èiyken endouèshmaya ap’ arra,
allouan larman-sourane enyniomana
ouèrsh lourlane aoubène hourtarène,
èillkèna-nap nane’ shouaria-niavène
oulla talane ine-dène ciona,
ella passa ène-bicha motol-dilarémerkouta
ouaraille ou tèchporta alla almine
Amen

Jésus a très probablement récité cette prière dans sa langue maternelle l’araméen. Comme toutes les langues du monde elle a évolué avec le temps, mais voici la version araméenne encore en usage. 

Notre père en arménien 

Hayr Mer
Hayr mer vor herginus yes
Soorp yegheetzee anon ko
Yegestzeh arkaiyoutiun ko.
Yegheetzeen gamk ko
Vorbes herginus yev hergree
Uzhatz mer hanabazort
Door mez ays or
Togh mez usbardees mer
Vorbes yev mek toghoomk merotz bardabanatz
Yev mee daneeruzmez ee portzootiun
Ayl purgia ee chareh
Zee ko eh arkayootiun
Yev zorootiun
Yev park
Haveedianus haveedeneetz

Amen

L’Arménie est un pays avec une très ancienne tradition chrétienne. La quasi totalité de la population est orthodoxe. Dans le Notre Père en arménien, on remarque que la louange finale, « Car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire, pour les siècles des siècles », n’apparaît pas. Et en effet, elle n’est dans aucun des deux Évangiles. Cette doxologie a été ajoutée dans des manuscrits chrétiens écrits peu de temps après. Elle reprend en fait les premières demandes, mais sous forme de louange et de confession de foi. Elle reconnaît gratuitement toute la puissance et l’amour que Dieu a pour nous, sans rien lui demander. Cette phrase finale est récitée dans les églises protestantes, et de plus en plus catholiques. Mais les orthodoxes essayent de rester le plus proche de la tradition ancienne.

Eglise de notre père

Notre père en portugais

Pai Nosso, que estais nos céus,
Santificado seja o Vosso nome.
Venha a nós o Vosso reino.
Seja feita a Vossa vontade,
Assim na terra como no céu.
O pão nosso de cada dia nos dai hoje.
Perdoai-nos as nossas ofensas
Assim como nós perdoamos a quem nos tem ofendido.
Não nos deixeis cair em tentação,
Mas livrai-nos do mal.
Ámen.

Le Notre Père en portugais est représentatif du plus grand enjeu de traduction de cette prière. La demande « Ne nous laisse pas entrer en tentation » se disait encore il y a peu de temps « Ne nous soumets pas à la tentation », comme c’est le cas en portugais : « E não vos submetas à tentação ». La traduction est importante car elle ne dit pas la même chose de Dieu. Si on demande à Dieu de ne pas nous soumettre à la tentation, cela signifie que Dieu pourrait volontairement soumettre l’humain au mal, que c’est lui qui imposerait les épreuves de la vie. Cette formulation ne présente pas un Dieu d’amour.

A l’inverse, demander à Dieu de ne pas nous laisser entrer en tentation, c’est reconnaître que la tentation vient du mal et non de Dieu. Dans le Nouveau Testament, Dieu ne met jamais personne à l’épreuve (par contre, Satan, symbole du mal, tente trois fois Jésus). Par cette nouvelle traduction nous demandons à Dieu de nous préserver des situations où le mal nous guette, ainsi que de nous aider face à l’épreuve et aux situations critiques qui font partie de la vie humaine. Enfin, c’est une invitation à quitter nos peurs pour marcher avec Dieu.

la voie à suivre

Les personnes qui récitent « Ne nous soumets pas à la tentation » ne croient pas forcément en un Dieu tentateur. La modification du texte prend du temps car plusieurs institutions doivent se mettre d’accord, et les habitudes sont ancrées. Mais on peut se réjouir de voir que des changements se font petit à petit afin de confesser toujours plus un Dieu d’amour.

Notre père en espagnol

Padre nuestro, que estás en el cielo,
Santificado sea tu Nombre ;
venga a nosotros tu reino ;
hágase tu voluntad en la tierra como en el cielo.
Danos hoy nuestro pan de cada día ;
perdona nuestras ofensas,
como también nosotros perdonamos
a los que nos ofenden ;
no nos dejes caer en la tentación,
y libranos del mal.
Amén

Notre père en italien

Padre nostro, che sei nei cieli,
sia santificato il tuo nome,
venga il tuo regno,
sia fatta la tua volontà,
come in cielo così in terra.
Dacci oggi il nostro pane quotidiano,
e rimetti a noi i nostri debiti
come noi li rimettiamo ai nostri debitori,
e non ci indurre in tentazione,
ma liberaci dal male.
Tuo è il regno, tua la potenza e la gloria nei secoli.
Amen.

Notre père nouvelle version

Comme expliqué au paragraphe plus haut (Notre père qui est au cieux Bible), la prière du Notre Père originale dans la Bible est d’une part différente, selon que vous la lirez dans l’évangile de Matthieu ou de Luc. D’autre part, elle peut être traduite de diverses manières, puisque le texte original est en grec et que les mots peuvent parfois être traduits différemment en français.

Depuis 1966, toutes les chrétiennes et les chrétiens priaient dans la même version. Mais dans les années 2000, les conférences épiscopales francophones ont travaillé sur une nouvelle traduction de la Bible pour son usage liturgique. Ils se sont notamment penchés sur le verset de la prière du Notre Père « Ne nous soumets pas à la tentation » en français qui posaient un problème théologique fondamental. En effet, cette expression pouvait induire l’idée fausse que Dieu pourrait être à l’œuvre dans les tentations. Qu’Il serait lui-même le tentateur, Celui qui pourrait nous exposer au péché, c’est-à-dire au manque d’amour.

Or, le Christ ne cesse de nous montrer l’inverse dans les évangiles, à savoir un Dieu vulnérable qui a besoin de nous pour que l’Amour inonde la terre et que le Royaume advienne. Non pas un Dieu qui nous éprouve ou nous met à l’épreuve, mais un Dieu qui éprouve avec nous et qui surmonte les épreuves avec nous. Une Présence lumineuse, encourageante, réconfortante, compatissante dans nos malheurs et nos difficultés. Les autorités religieuses des églises catholiques romaines ont proposé cette modification dès 2013, puis les églises catholiques chrétiennes, protestantes et orthodoxes francophones ont décidé au fur et à mesure, par souci œcuménique, de se rallier à cette traduction afin de pouvoir continuer à réciter ensemble la prière en intégrant ce nouveau verset « Ne nous laisse pas entrer en tentation ».

Textes sur le Notre Père écrits par les pasteurs Julia Durgnat, Eva Lefevre, Bernard van Baalen et Carolina Costa
© Editions Atalahalta

Accessible pour une durée limitée:

Emangile 3.0
Emangile 3.0
Carolina Costa

Carolina Costa

Je suis théologienne, formée à l’Université de Genève, à la faculté autonome de Théologie Protestante (master UNIGE).

J’y ai acquis des compétences historico-critiques et appris le grec et l’hébreu, ce qui me permet de pratiquer mes propres traductions plus contemporaines et accessibles.

J’incarne une théologie réformée progressiste, inclusive, existentielle et joyeuse, en me servant de différents supports comme la vidéo, pour déployer mon énergie et l’Amour contagieux du Christ.

J’écris des livres sur les grandes étapes de la vie et je diffuse chaque semaine des vidéos brèves sur la foi sur les réseaux sociaux.

Carolina Costa

Tu veux découvrir un Christianisme ouvert et progressiste ?

Carolina Costa

Tu veux découvrir un Christianisme ouvert et progressiste?

Salut, je m’appelle Carolina Costa. Je suis pasteure et théologienne. Je suis décidée à te faire découvrir l’Amour inconditionnel transmis par Jésus-Christ.