Carolina Costa

C’est quoi une société inclusive?

Aujourd’hui, j’aimerai vous parler COMMENT FAIRE QUAND DIEU NE ME PARLE PLUS ET NE RÉPOND PLUS A MES PRIÈRES ?

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Inclusivité… C’est un terme que l’on entend beaucoup, même s’il n’est pas encore passé dans la langue «officielle». Par exemple le Larousse de 2015 ne propose pas ce mot et le correcteur orthographique de certains logiciels ne le connait pas encore ! Ce n’est peut-être pas grand-chose, mais c’est symptomatique: trop de personnes se sentent encore peu ou pas du tout concernées par cette question. Il semble qu’il est temps de réfléchir ensemble à cette notion d’inclusivité, car c’est peut-être ce qui aujourd’hui est le gage d’une société plus accueillante et plus aimante, et donc plus humaine.

Inclusion sociale

Le terme «inclusion» vient de la racine latine includere, qui veut dire «enfermer». L’inclusion c’est le fait d’introduire une chose dans une autre chose, souvent un ensemble plus grand. Cela s’oppose à l’exclusion, qui est le fait de poser quelque chose en dehors d’une autre et de ne pas l’intégrer dans la première.

L’inclusion sociale est donc le fait d’inclure une personne ou un groupe dans un groupe plus large ou une société.

Société inclusive définition

«La société inclusive est celle qui va mettre à l’intérieur de ses frontières, de ses valeurs, de ses normes, tous ceux qui en font partie de droit. Dans une société inclusive, chacun a sa place!». On trouve cette définition simple et claire sur le blog Rêvons ensemble une société inclusive. On y trouve également ce schéma, qui aide à comprendre les notions d’inclusion et d’inclusivité.

schema societe inclusive

Une société qui pratique l’intégration accueille toute personne, mais conserve une forme de distinction entre la majorité et les personnes appartenant à des minorités. Pour être intégré, il faut se conformer à la norme de la majorité. Une société inclusive, elle, accueille chaque personne inconditionnellement, en laissant chacune et chacun être elle-même ou lui-même, au milieu des autres.

Mais alors, comment cela se traduit en pratique? 

Société inclusive

Une société inclusive, c’est une société qui porte attention à chacune des personnes qui la compose, et fait notamment attention aux minorités qui sont souvent stigmatisées: les personnes LGBTQIA+, les personnes porteuses d’un handicap, les personnes en fragilité (physique, mentale, sociale) ou en dépendance, les enfants, etc. Bref, toutes les personnes appartenant à une minorité, c’est-à-dire qui ne rentrent pas dans le cadre normatif majoritaire.

On ne voit d’ailleurs souvent qu’une partie des sphères que recouvre la notion d’inclusivité, parce que les réflexions sont souvent ciblées vers l’une d’elles en particulier. En fait, être inclusif c’est vraiment très large et ça demande une réflexion très générale.

Ça peut même faire un peu peur au départ, parce qu’on a l’impression qu’il faut penser à 10.000 choses en même temps pour bien accueillir chacune et chacun, sans commettre d’impairs.

Mais rassure-toi, l’inclusivité, c’est aussi un apprentissage. C’est en essayant qu’on arrive à devenir de plus en plus inclusif, jusqu’à ce que ça fasse partie intégrante de notre mode de fonctionnement. Personne n’est parfait, on peut toujours faire une erreur. L’essentiel est de chercher à toujours re-questionner son positionnement, de savoir qu’on peut toujours faire mieux.

société inclusive tous different

Ecriture inclusive

Voilà un sujet pour le moins sensible, qui suscite beaucoup de débats.

D’un côté, certaines personnes disent que c’est un faux problème, que c’est «se prendre la tête pour rien» et qu’il y a plus urgent et plus important à régler comme question. Mais ne peut-on pas penser que justement, c’est en changeant le langage et l’écriture pour aller vers plus d’inclusivité que l’on pourra faire évoluer les mentalités et les comportements? Si on apprend à un ou une enfant dès le plus jeune âge que grammaticalement le masculin l’emporte sur le féminin, peut-être qu’on induit dans sa tête l’idée que c’est le cas aussi dans la vie?

En effet, une langue est une construction sociale qui reflète les rapports sociaux de la société dont elle est issue. Nos règles de grammaires et notre choix de vocabulaire reflètent nos modes de pensée et de fonctionnement.

crayons de couleur inclusif

De l’autre côté, certaines personnes ne seraient pas contre l’argument précédent mais dénoncent l’écriture inclusive, sous prétexte que cela rendrait la lecture plus difficile, notamment pour les personnes dont le français n’est pas la langue maternelle ou pour les personnes dys (appellation qui englobe la dyslexie et la dyspraxie). Tout d’abord, notons que c’est peut-être maladroit de décider pour d’autres personnes de ce qui sera difficile pour elles. De plus, il existe bien d’autres difficultés de la langue française qui pourtant elles n’ont jamais fait l’objet de tant de débats: les différences (parfois énormes) entre ce que l’on lit ou écrit et ce que l’on prononce, les tirets entre les mots composés, les accents multiples qui seuls différencient deux mots…bref, la langue française n’a jamais été simple. Pourtant, personne n’y a trouvé à redire, quand les règles d’écriture complexes ne venaient pas déranger une normativité établie.

L’écriture inclusive telle que beaucoup de personnes l’entendent aujourd’hui, ce sont les points médians. Mais ce n’est qu’une partie seulement des divers moyens de rendre son langage inclusif. On trouve aussi le langage épicène (utiliser des mots qui ont la même forme au masculin et au féminin), les tournures génériques ou encore les doublets (le nom au féminin et au masculin dans la même expression). Si on utilise les points en les combinant avec ces techniques, ce n’est pas si terrible que ça, et ça change vraiment la donne!

Cela peut paraitre compliqué et inutile, mais c’est peut-être un bon média d’inclusivité. Un texte écrit en écriture inclusive peut en effet permettre à chacune et chacun de se sentir pris en compte dans ce qu’elle est.

Et Dieu dans tout ça?

Comme on peut l’entendre au début de ses vidéos, Carolina se définit elle-même comme une pasteure inclusive. Comme elle, de nombreuses chrétiennes et de nombreux chrétiens sont inclusives et inclusifs en tant que personne, humainement. Mais Carolina, comme d’autres pasteur.e.s, l’est également en tant que représentante d’une Église.

De fait, l’Église a un rôle à jouer dans la construction d’une société inclusive. L’idée pour Carolina, c’est qu’une église inclusive c’est «une église pour goûter l’amour inconditionnel de Dieu». L’expérience que Dieu aime chacun et chacune d’entre nous, comme un père et une mère. Or, un parent n’aime pas son enfant à la condition qu’il soit sage, qu’il ait de bonnes notes ou qu’il trouve un bon travail. L’amour des parents est inconditionnel, et celui de Dieu l’est d’autant plus qu’il est le père et la mère de toute personne, sans exception. Il n’aime pas certains de ces enfants et pas d’autres, parce que certains seraient de «meilleurs croyants», auraient la bonne situation familiale ou de vie, etc. Non, il aime chacune et chacun, sans critère particulier. 

Et c’est peut-être ça, l’important à retenir: cette idée d’inconditionnel. Comme Dieu nous aime inconditionnellement et que nous sommes au bénéfice de Sa grâce seule, nous sommes appelés à aimer et à accueillir sans condition. Après tout, Jésus ne nous dit-il pas de nous aimer les un.e.s les autres, comme il nous a aimé?

L’Église, c’est-à-dire la communauté des croyant.e.s, est l’image de l’amour de Dieu aux yeux du monde. Si elle n’accueille pas chacune et chacun sans condition, comment le monde pourrait-il croire en l’amour inconditionnel de Dieu?

La société inclusive parlons en

Allez viens, on en parle de cette société inclusive! On a tellement de moyens de se retrouver pour échanger sur ces questions. C’est ce qui permettra que l’on puisse faire avancer les choses, dans nos villes, nos facultés, nos églises, nos associations, etc.

Et on n’a pas forcément besoin de créer des structures de zéro, il y a déjà tant de belles initiatives qui existent et que l’on peut rejoindre!

Par exemple, Le LAB à Genève, ou l’antenne inclusive de Saint-Guillaume à Strasbourg proposent à la fois des événements en présentiel mais également en zoom, et ce sont de beaux lieux d’ouverture et d’inclusivité pour se retrouver et échanger autour de toutes ces thématiques. Les associations Carrefour des Chrétiens Inclusifs ou David et Jonathan  sont des lieux «safe», où chacune et chacun peut venir parler ouvertement de sa vision du monde et de ses convictions, poser ses questions, bref apporter sa petite pierre à l’édifice.

Le projet «L’Accueil radical» offre de nombreuses pistes et ressources pour travailler ses questions en Église. Le groupe autour de ce projet a même sorti un livre éponyme

Les initiatives se répandent de plus en plus et tu peux facilement chercher sur internet si dans ta ville il existe une association ou un groupe de jeunes ou d’étudiant.e.s, dans ta fac ou ton église par exemple, qui travaille sur les questions d’inclusivité.

Si tu as envie de construire avec d’autres une société plus inclusive, n’hésite surtout pas!

Agissons. Ensemble. Même si nos initiatives ne paraissent pas grand-chose. Chaque petite pierre est utile à l’édifice.

Chaque fois que tu offres à l’autre une parole inclusive, chaque fois que tu fais un geste inclusif vers l’autre, tu participes à l’avènement de cette société dont nous rêvons toutes et tous. Et surtout, si tu es croyant.e.s, c’est bien sûr aussi quelque chose que tu peux offrir dans ta prière. Dieu, quelle que soit la réalité que chacune et chacun met derrière ce mot, c’est vraiment la lumière qui peut nous éclairer sur ce chemin d’amour inconditionnel de l’autre. 

Et toi qu’en penses-tu?

Karine Michel, d’après la vidéo de Carolina Costa

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Carolina Costa

Je suis théologienne, formée à l’Université de Genève, à la faculté autonome de Théologie Protestante (master UNIGE).

J’y ai acquis des compétences historico-critiques et appris le grec et l’hébreu, ce qui me permet de pratiquer mes propres traductions plus contemporaines et accessibles.

J’incarne une théologie réformée progressiste, inclusive, existentielle et joyeuse, en me servant de différents supports comme la vidéo, pour déployer mon énergie et l’Amour contagieux du Christ.

J’écris des livres sur les grandes étapes de la vie et je diffuse chaque semaine des vidéos brèves sur la foi sur les réseaux sociaux.

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