Carolina Costa

Souffrance, comment trouver du sens?

Aujourd’hui, j’aimerai vous parler du MAL. Pourquoi tant de mal, d’injustice et de souffrance dans le monde? Qu’est-ce que le péché? Sommes-nous tous pécheurs? Tous mauvais? Condamné.e.s? Pardonné.e.s? Faut-il se révolter? Pourquoi la maladie? Les épreuves et les obstacles sont-ils voulus par Dieu?

Approfondis et développe ta spiritualité, en découvrant le parcours du vidéo-livre

Une question, des interprétations

Du sens dans la souffrance ? Voilà une question pleine de pièges ! Alors pour commencer une précision sur les mots : on parle de souffrance et pas de douleur. La douleur, c’est le fait d’avoir mal quelque part, c’est une sensation physique et passagère. Alors que la souffrance est une douleur qui ne passe pas en prenant un antalgique. 

Souffrance
La souffrance est une douleur que rien ne semble pouvoir apaiser.

Elle relève soit d’un mal physique intense, soit d’une atteinte mentale, psychique ou spirituelle.

Souffrir spirituellement

Il y a des douleurs physiques tellement insupportables qu’elles peuvent faire perdre confiance en l’avenir. Il y a aussi des maladies, comme la dépression, qui peuvent ôter le goût de vivre aux gens les poussant parfois jusqu’au suicide. Et c’est sans doute moins connu, mais il y a aussi des maladies spirituelles.

nuit de la foi
La nuit de la foi: Ne plus savoir où s’appuyer- https://www.lepelerin.com/

Un exemple avec « la nuit de la foi » qui représente cette expérience vertigineuse où la croyante ou le croyant est assailli·e de doutes au point de ressentir un vide énorme, interminable voir abyssal.

De quel sens parlons-nous ?

L’ennui avec le mot « sens »…c’est justement son sens ! Derrière « sens », on peut entendre d’abord l’aspect « signification ».

Définir la souffrance
Définir la souffrance ne nous permet pas de l’expliquer. Photo by Joshua Hoehne

Par exemple, dans la phrase « Quel est le sens du mot happy ? 😊» on expliquera ce que signifie ce mot. Or, parler de signification de la souffrance peut conduire à vouloir la justifier et devenir un exercice périlleux. Tel cancer serait justifié parce que la personne a eu une mauvaise hygiène de vie, tel accident de la route parce qu’on roulait trop vite…

L’ennui, c’est que, dans bien des cas, on ne peut pas expliquer la souffrance. Un enfant de 5 ans qui meurt d’une leucémie, quel sens est-ce que cela peut avoir ? Des gens qui boivent un verre en terrasse et qui sont victimes de terroristes, quel sens pourrait se cacher là derrière ? Pourquoi ? On se retrouve là confronté au non-sens, à l’absurde. Et on le voit dans ces situations, parler de signification de la souffrance nous conduit inévitablement à un mur. Et ce mur… n’est-ce pas le Mal ?

Le Mal

Dans la tradition biblique, le Mal est représenté en général par une personne : le diable. Une image bien présente encore dans l’inconscient collectif.

Le mal n’a pas toujours autant de charme que Lucifer, le héros de Netflix.

Dans l’Ancien Testament, on parle du Satan, l’Adversaire. En grec, dans le nouveau testament, son nom vient de διάβολος (diabolos). Il s’agit chaque fois de décrire l’expérience humaine de ce qui divise, ce qui désunit au-dedans de soi comme à l’extérieur. Le Mal désigne tout ce qui empêche d’être pleinement. Dans le Nouveau Testament, Jésus fait souvent face aux forces de divisions (démons ou forces démoniaques) et aux forces de destruction.

Bien des philosophes et des théologien·ne·s ont parlé du Mal…mais le Mal reste un mur : on ne sait pas ce qu’il y a derrière. On peut souvent combattre le mal, mais on ne peut jamais l’expliquer pleinement. Il s’agit malgré tout d’un mystère.

Un autre sens ?

On l’a vu, si on veut parler du « sens » du Mal pour l’expliquer ou le justifier…c’est mal barré ! Mais le « sens » désigne aussi la direction. Dans quelle direction puis-je traverser ma souffrance ? Vers quoi suis-je tourné·e ? Quel orient donner à mes jours si difficiles ? Ces questions traversent l’expérience d’Anne-Dauphine Julliand.

Anne-Dauphine Julliand
Anne-Dauphine Julliand a perdu ses deux filles d’une grave maladie génétique.

Quand les deux filles d’Anne-Dauphine sont tombées très gravement malades, leur maman a eu un objectif : « Ajouter de la vie aux jours quand on ne peut plus ajouter de jours à la vie », selon une citation du Professeur Jean Bernard. La question du pourquoi se transforme alors en pour quoi…en vue de quoi ?

Se tourner vers le Vivant

Ajouter de la vie aux jours, c’est l’attitude qui nous permet de vivre quelque chose du Royaume de Dieu dont nous parle Jésus, même dans la maladie, la peine ou le deuil. Ajouter de la vie aux jours, d’une certaine manière, c’est donner un sens/direction à la souffrance. C’est la tourner vers la Vie telle qu’elle se donne. C’est faire du peau à peau avec le Vivant. Accueillir ce qui est, en choisissant d’aimer quand même, c’est refuser d’être défini·e uniquement par la souffrance et sortir du statut de victime pour être pleinement.

Aimer quand même

Si on ne peut pas échapper à la souffrance, on peut continuer à aimer.

Aimer quand même
Aimer quand même. Photo by Michael Fenton

C’est un travail, c’est même un sacré effort mais que nous pouvons choisir librement. Et si on ne peut pas aimer quelqu’un, on peut se laisser aimer. Je peux goûter la présence d’une infirmière qui me soigne, je peux savourer le printemps qui s’offre malgré tout comme un cadeau… Même au fond du Mal, je peux tourner mon regard vers la Source de Paix. Le sens de la souffrance, c’est de ne pas y rester enfermé·e ! Dans la Bible, on voit beaucoup de souffrance. Les psaumes, notamment, sont remplis d’appels à l’aide : Du fond de la détresse, je crie vers toi, Seigneur ! Écoute ma voix, sois attentif quand je te supplie !

Prendre refuge

Que tu l’appelles Dieu·e, l’Univers, la Joie Omniverselle,… la Vie n’a que du bon pour toi. Tout le reste, les haines, les souffrances, les discriminations viennent forcément des forces du Mal ou forces de division. Pas de place dans le Vivant pour le rejet ! Face à la souffrance, tu peux prendre refuge en Dieu.

Prendre refuge en l’Éternel·le
Prendre refuge en l’Éternel·le. Photo by Morteza Yousefi

Tu peux prier ainsi : Je m’appelle Untel·le et aujourd’hui je souffre. Mais je ne suis pas que ma souffrance. Je suis fait·e de vie, d’amour et de force. Je veux me tourner vers la Joie. Que les forces me soient données !  

Ami·e dans la souffrance,
Qui que tu sois, je pense à toi. Je prie pour toi.

François Thollon-Choquet, avec Carolina Costa.

Si l’article t’as plue, tu es libre de le partager 😉

Click here to subscribe
Carolina Costa

Je suis théologienne, formée à l’Université de Genève, à la faculté autonome de Théologie Protestante (master UNIGE).

J’y ai acquis des compétences historico-critiques et appris le grec et l’hébreu, ce qui me permet de pratiquer mes propres traductions plus contemporaines et accessibles.

J’incarne une théologie réformée progressiste, inclusive, existentielle et joyeuse, en me servant de différents supports comme la vidéo, pour déployer mon énergie et l’Amour contagieux du Christ.

J’écris des livres sur les grandes étapes de la vie et je diffuse chaque semaine des vidéos brèves sur la foi sur les réseaux sociaux.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.