Carolina Costa

J’ai perdu la foi

Aujourd’hui, j’aimerai vous parler DE PERDRE LA FOI

Approfondis et développe ta spiritualité, en découvrant le parcours du vidéo-livre

Abus sexuels et dérives sectaires dans l’Église

Quelle difficulté de parler de ces sujets! Comment ne pas être en colère quand on pense à toutes les personnes blessées, traumatisées par des abus, sexuels ou spirituels? Comment ne pas pleurer devant la faiblesse des hommes et des femmes qui ont de tels comportements abusifs? Eh bien, peut-être qu’on ne peut pas… et c’est au fond une bonne chose! Être en colère, pleurer, s’indigner, crier: toutes ces réactions face à ces épreuves terribles sont finalement bienvenues. Elles montrent qu’on n’est pas indifférent·e·s, et qu’on ne peut pas l’être.

Jésus lui-même, dans les Évangiles, ne reste pas indifférent aux situations de celles et ceux qu’il croise, ni complaisant face aux comportements néfastes.

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On ne peut pas être indifférent·e·s à la souffrance d’autrui.

On ne peut pas l’être quand celui en qui on place notre confiance (qui est un synonyme de foi) c’est Jésus, qui n’a eu de cesse de consoler, de guérir, d’accompagner chaque personne dans sa souffrance. Jésus qui nous a dit «chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits, qui sont mes frères et mes sœurs, c’est à moi que vous l’avez fait!».

On ne peut pas l’être parce qu’accepter la souffrance d’un être humain, c’est accepter une fracture au sein même de l’humanité. C’est se résigner à cette souffrance, comme si elle était une fatalité.

Ne nous résignons pas! Ensemble, travaillons à guérir les souffrances de toutes nos sœurs et de tous nos frères qui ont pu vivre une situation d’abus dans nos églises.

Nous sommes toutes et tous porteuses et porteurs d’une parole d’espérance et d’amour, celle d’un Dieu qui nous veut libres, pour que nous portions la vie humaine à son plein épanouissement.

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Abus sexuels église

Ces dernières années, la parole s’est libérée sur de nombreux abus sexuels commis au sein des différentes églises chrétiennes. Certaines affaires ont été très médiatisées, comme par exemple à Lyon, et c’est une bonne chose (tant que c’est fait dans le respect, notamment de la vie privée des individus). En effet, il faut en parler. De la même manière que dans les autres lieux de la société, il faut parler. Les abus sexuels commis au sein de l’Église ne doivent pas rester cachés.

L’Église est un lieu où se vit l’amour de Dieu pour chacune et chacun et l’amour que nous nous portons les un·e·s aux autres. Aucune Église ne peut tolérer en son sein que l’on passe sous silence une souffrance infligée à un membre par un autre.

C’est pourquoi il faut donner la parole aux personnes victimes d’abus et les accompagner dans ces prises de paroles. C’est probablement par le soutien des communautés qu’ils et elles pourront parler sans crainte de jugement. Parce que l’un des problèmes aujourd’hui, c’est qu’on stigmatise les personnes victimes plutôt que les agresseurs. Double peine.

Mais il faut se garder de tomber dans une confusion: celle qui nous ferait confondre l’institution ecclésiale et la foi. Carolina nous met en garde dans sa vidéo sur une chose: on ne doit pas idéaliser l’Église. Elle est une communauté composée d’humains, qui ont leurs fragilités. Comme toute communauté, l’Église n’est pas à l’abri d’avoir en son sein des individus aux comportements néfastes, des hommes et des femmes plus avides de pouvoir que de diffuser la Bonne Nouvelle et partager l’amour de Dieu.

Mais doit-on pour autant se détourner de Dieu et du message d’amour inconditionnel de Jésus?

Abus spirituels et dérives sectaires dans l’église

Certaines Églises ont des discours très dangereux et pratiquent des formes d’abus spirituels. Elles veulent «remettre dans le droit chemin» celles et ceux qu’elles considèrent comme étant dans le péché.

On entend parler un peu plus de tout ça ces dernières années avec ce qu’on appelle les thérapies de conversion ou de guérison. Ce sont des méthodes proposées/imposées aux personnes de la communauté LGBTQIA+ qui seraient censées les guérir de leur «maladie».

C’est vraiment dangereux et problématique pour plusieurs raisons:

  • C’est faire croire à des personnes que leur orientation sexuelle ou affective est une maladie, parce qu’elle est différente de ce qui serait la norme. Or, le 18 mai 1990, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a rayé l’homosexualité de la liste des maladies mentales.
  • C’est faire croire à ces personnes que leur différence est un problème aux yeux de Dieu, et qu’elles seraient condamnées, rejetées loin de sa grâce. Or, nous croyons profondément que Dieu nous a désiré et créée tels que nous sommes et nous a pleinement bénis.
  • C’est faire croire que ce discours nauséabond se trouve dans la Bible et s’approprier les textes bibliques au service d’une idéologie malsaine. Or, la Bible doit être interprétée à la lumière des avancées scientifiques dans tous les domaines et remise dans son contexte.

Tenir ce type de discours face à une personne en questionnement, c’est de l’abus spirituel. Toute personne qui se dresse en figure d’autorité et qui impose à une autre sa vision des choses sans laisser la possibilité d’exprimer un discours différent, c’est un comportement qui peut dériver vers un abus spirituel.

Dérive sectaire

Ne peut-on pas simplement se rappeler le commandement que Jésus nous donne, celui de nous aimer les uns les autres. Face aux pharisiens et aux docteurs de la Loi juive qui se posent comme seuls détenteurs d’une vérité figée et immuable, que fait Jésus? Il se rebelle. Il n’accepte pas les abus pratiqués dans sa communauté. Il s’y oppose. Il sauve la femme adultère (Évangile selon Jean, chapitre 8), il converse avec la samaritaine (Évangile selon Jean, chapitre 4, l’un des plus beaux dialogues théologiques de la Bible!). Bref, il ne se tait pas et prend position pour la justice, l’amour et l’adelphité.

Dérives sectaires église catholique

Les dérives qui sont aujourd’hui pointées du doigt se déroulent souvent au sein de l’Église catholique. Est-ce une raison pour diaboliser les catholiques? Non, bien sûr que non! Ces dérives ont lieu dans toutes les mouvances chrétiennes, comme dans les autres spiritualités et religions, ou dans d’autres institutions. Ce n’est pas un problème spécifique à l’Église catholique.

C’est peut-être parce que l’Église catholique est majoritaire dans beaucoup de pays européens que c’est ce qu’on voit en premier.

Mais critiquer l’Église catholique pour cela, sans regarder dans nos propres églises ou institutions, ce serait comme la parabole de la paille et de la poutre que l’on trouve dans l’Évangile selon Matthieu au chapitre 7. 

On entend souvent que les abus sexuels ont lieu dans l’Église catholique parce que les prêtres font le vœu de célibat et d’abstinence. Dire cela, c’est sous-entendre que toute personne qui n’a pas de vie affective ou de «vie sexuelle normale» serait une personne potentiellement abusive. Attention, «vie sexuelle normale» est bien entre guillemets: on a tendance à considérer qu’avoir une vie sexuelle bien remplie est normal, et que toute personne sortant de ce schéma est donc anormale. Mais cette idée est problématique, parce que c’est faire un amalgame assez néfaste.

Ça voudrait dire que toute personne qui aurait une absence de vie sexuelle pourrait avoir envie d’abuser de quelqu’un·e? Que l’absence de vie sexuelle créerait nécessairement un manque que l’on aurait besoin de combler, quitte à faire du mal et à obliger quelqu’un·e en outrepassant le consentement? N’est-ce pas un peu choquant de penser ça?

Les abus de toutes sortes sont le fait de personnes individuelles et n’ont pas nécessairement de lien avec les choix de vie de ces personnes.

Comment reconnaitre une dérive sectaire

La première chose, c’est de faire attention à tous les groupes ou mouvements qui ne laissent plus sa liberté de croyance à une personne et l’empêche de réfléchir par elle-même et de sortir librement de la communauté. Une dérive sectaire cherche en général à imposer sa manière de croire. Ce type de mouvement pense détenir la vérité, que sa vérité est la seule et unique vérité. Et cela s’accompagne souvent d’une condamnation des personnes qui croient différemment.

Par exemple ce type de groupe peut dire à une personne de la communauté LGBTQIA+ qu’elle est dans le péché, que c’est une maladie, voire même qu’elle est condamnée à l’enfer si elle ne se convertit pas.

Mais c’est aussi dirigé contre toutes les personnes qui ne pensent pas comme eux, même sans «vivre dans le péché» (selon leurs critères). Par exemple, certaines mouvances vont chercher à convertir les chrétiens et les chrétiennes des Églises progressistes, parce que ces chrétiennes et chrétiens n’auraient pas vraiment rencontré le Christ. Oui, pour certaines personnes fermées d’esprit, qui appartiennent à des mouvements de tendance sectaire, toutes celles et tous ceux qui pensent autrement ou lisent la Bible autrement n’ont pas vraiment rencontré Jésus, sinon leurs yeux seraient ouverts et ils ou elles auraient «la bonne manière de croire».

Dérive sectaire

Mais tous ces mouvements ne sont pas considérés comme des sectes. Pour entrer dans ce cadre, il y a d’autres critères.

Il arrive fréquemment que ces groupes incitent à vivre en communauté, afin de garder un contrôle sur leurs membres. De la même manière, ils incitent souvent à partager les biens et les finances, de sorte que la personne n’aura plus d’indépendance financière. C’est ce qui rend sa possibilité de quitter la communauté plus complexe.

En France, ces critères sont officiellement définis par la Mivilude, https://www.derives-sectes.gouv.fr, l’outil de veille mis en place par l’État contre les dérives sectaires.

En Suisse, le droit ne reconnait pas la catégorie «secte» mais le Centre intercantonal d’information sur les croyances est à l’écoute des inquiétudes des citoyens quant à ces questions.  

Précisons que beaucoup de ce que l’on appelle «dérives sectaires» ne vont pas si loin dans leur fonctionnement. Mais ce sont tout de même des mouvements dangereux, qui instillent de manière insidieuse des idées néfastes et destructrices dans la tête des gens qui les fréquentent.

Ce ne sont pas en général des idées d’amour et d’adelphité mais plutôt des idées d’élection divine et donc de jugement et d’exclusion de toutes celles et tous ceux qui ne sont pas élus.

 Bref, le plus important, c’est de libérer la parole. C’est de permettre aux personnes victimes de ces dérives de raconter leur histoire. Les écouter et les soutenir. Parce que ce qui compte c’est nos frères et nos sœurs et l’amour que l’on se porte les un.e.s aux autres.

Karine Michel, d’après la vidéo de Carolina Costa

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Carolina Costa

Je suis théologienne, formée à l’Université de Genève, à la faculté autonome de Théologie Protestante (master UNIGE).

J’y ai acquis des compétences historico-critiques et appris le grec et l’hébreu, ce qui me permet de pratiquer mes propres traductions plus contemporaines et accessibles.

J’incarne une théologie réformée progressiste, inclusive, existentielle et joyeuse, en me servant de différents supports comme la vidéo, pour déployer mon énergie et l’Amour contagieux du Christ.

J’écris des livres sur les grandes étapes de la vie et je diffuse chaque semaine des vidéos brèves sur la foi sur les réseaux sociaux.

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